‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 57 sur 594 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

D. FERNAND, D. DIÈGUE, D. ARIAS, D. SANCHE, D. ALONSE, CHIMÉNE, ELVIRE.

CHIMÉNE.

Sire , il n'est plus besoin de vous dissimuler Ce que tous mes efforts ne vous ont pu celer. J'aimais, vous l'avez su; mais, pour venger mon père. J'ai bien voulu proscrire une tête si chère : Votre Majesté , Sire , elle-même a pu voir Comme j'ai fait céder mon amour au devoir. Erifin Rodrigue est mort , et sa mort m'a changée D'implacable ennemie en amante affligée.

J'ai dû cette vengeance à qui m'a mise au jour. Et je dois maintenant ces pleurs à mon amour. Don Sanche m'a perdue en prenant ma défense ; Et du bras qui me perd je suis la récompense ! Sire, si la pitié peut émouvoir un roi, De grûce , révoquez une si dure loi ;

Page 1