‹ Œuvres completes de P. CorneilleChapitre 582 sur 594 · SCÈNE I ARISTIE, VIRIATE · texte numérisé non relu

SCÈNE I ARISTIE, VIRIATE

ARISTIE

Oui, Madame, j*en suis comme vous ennemie. Vous aimez les grandeurs, et je hais Tinfamie. Je cherche à me venger, vous, à vous établir; Mais vous pourrez me perdre, et moi vous affaiblir. Si le cœur mieux ouvert ne met d'intelligence Votre établissement avecque ma vengeance. On m'a volé Pompée; et moi, pour le braver. Cet ingrat que sa foi n'ose me conserver, Je cherche un autre époux qui le passe , ou l'égale : Mais je n'ai pas dessein d'être votre rivale , Et n'ai point dû prévoir, ni que vers un Romain Une reine jamais daignât pencher sa main , Ni qu'un héros dont l'âme a paru si romaine Démentit ce grand nom par l'hymen d'une reine. J'ai cru dans sa naissance et votre dignité Pareille aversion et contraire fierté.

Cependant on me dit qu'il consent l'hyménée. Et qu'en vain il s'oppose au choix de la journée, Puisque, si dès demain il n'a tout son éclat. Vous allez du parti séparer votre État. Comme je n'ai pour but que d'en grossir les forces. J'aurais grand déplaisir d'y causer des divorces , Et de servir Sylla mieux que tous ses amis , Quand je lui veux partout faire des ennemis.

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