I . La meilleure part est façonnée sur ces ven de Cotta
Cur non flosculus ezeam requins ; Tellus est nimis arida , 6 viator, etc. (R.)
240 Amours.
Et, seiche, ne peut rien produire de nouveau.
Mais, si Ronsard vouloit sur sa Marie espandre Des pleurs pour Tarrouser, soudain d'humide cendre Une fleur du sepulchre enfanteroit au jour.
Le Passant.
A la cendre on cognoist combien, vive, estoit forte La beauté de ce corps, quand mesmes estant morte Elle enflamme la terre et la tombe d'amour.
Ha Mort, en <)uel estât maintenant tu me changes? Pour enrichir le ciel tu m'as seul appauvry, Me ravissant (a) les yeux desquels j'estois nourry, Qui nourrissent là haut les esprits et les anges. ^Entre pleurs et souspirs, entre pensers estranges, Entre le desespoir tout confus et marry, Du monde et ae moy-mesme et d'Amour je me ry, N'ayant autre plaisir qu'à chanter tes louanges.
Helas I tu n'es pas morte , hé I c'est moy qui le suis ! L'homme est bien trespassé qui ne vit que d'ennuis , Et des maux qui me font une éternelle guerre.
Le partage est mal fait: tu possèdes les cieux, Et je n'ay^ mal-heureux, pour ma part que la terre , Les souspirs en la bouche et les larmes aux yeux.
vn.
Çj uand je pense à ce jour où je la vy si belle , ^^^Toute flamber d'amour, d'honneur et de vertu, Le regret, comme un traict mortellement pointu , Me traverse le cœur d'une playe étemelle.
Alors que j'esperois la bonne grâce d'elle , Amour a mon espoir par la mort combattu , La mort a mon espoir (b) d'un cercueil revestu ,
a. Var. : darohant, h. Var. : son beau corps.
Second Livre. 241
Dont j'esperois la paix de ma longue querelle.
Amour, tu es enfant inconstant et léger; Monde, tu es trompeur, pipeur pt mensonger.
Décevant d'un chacun Tattente et le courage.
Malheureux qui se. fie en TAmour et en toy :
Tous deux comme la mer vous n'avez point ae foy : L'un fin , l'autre parjure et l'autre oiseau volage (a).
Vin.
Homme ne peut mourir par la douleur transi.
Si quelcun trespassoit d'une extrême tristesse. Je fusse desja mort pour suivre ma maistresse , Mais en lieu de mourir je vy par le souci.
Le penser, le regret et la mémoire aussi D'une telle beauté, qui pour les deux nous laisse, Me fait vivre croyant qu elle est ores déesse , Et aue du ciel là haut elle me voit ici.
Elle se sou-riant du regret qui m'affole, En vision la nuict sur mon lit je la voy Qui mes larmes essuyé et ma peine console ,
Et semble qu'elle a soin des maux que je reçoy. Dormant ne me déçoit ; car je la recognoy A la main, â la bouche, aux yeux, à la parole.