I. Le commencement est fait sur ces vers de Bembe
Soave Sj^ttardo
Che quant' io vidi poi ;
Vago, amoroso, et pellegrin fca not ,
Rimembraado di lor, tenni ombùre et fumi..
Entre noirs et chastains , bruns , déliez. et long$, Tel que Venus les porte, et ses trois belles Grâces,
Me tiennent si estraint, Amour, que tu me passes Au cœur, -en les voyant , cent poinctes d'aiguillons , Dont le moindre des nœuds pourroit des plus félons. En leur plus grand courroux , arrester les menaces.
Cheveux non acheptez, empruntez ny fardez, Qui vostre naturel sans feintise gardez , Que vous me semblez beaux ! permettez que j'en porte
Un lien à mon col , à fin que sa beauté.
Me voyant prisonnier lié de telle sorte , Se puisse tesmoigner quelle est sa cruauté.
LI(i).
Je suis esmerveillé que mes pensers ne sont Las de penser en vous , y pensant à toute heure ; Me souvenant de vous , or' je chante , or* je pleure , Et d'un penser passé cent nouveaux se refont.
Puis, légers comme oy seaux, ils volent et s'en vont , M 'abandonnant tout seul, devers vostre demeure; Et , s'ils sçavoient parler, souvent vous seriez seure Du mal que mon cœur cache, et qu'on lit sur mon front.
Or sus venez , Pensers, pensons encor en elle, De tant y repenser je ne me puis lasser ; Pensons en ses beaux yeux et combien elle est belle ,
Elle pourra vers nous les siens faire passer. Venus non seulement nourrit de sa mammelle Amour^ son fils aisné , mais aussi le Penser.
LU
Belle fforge d'albastre , et vous, chaste poictrine , Qui les Muses cachez en un rond verdelet (2),