‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 159 sur 227 · I. Le commencement est fait sur ces vers de Bembe · texte numérisé non relu

I. Le commencement est fait sur ces vers de Bembe

Soave Sj^ttardo

Che quant' io vidi poi ;

Vago, amoroso, et pellegrin fca not ,

Rimembraado di lor, tenni ombùre et fumi..

Entre noirs et chastains , bruns , déliez. et long$, Tel que Venus les porte, et ses trois belles Grâces,

Me tiennent si estraint, Amour, que tu me passes Au cœur, -en les voyant , cent poinctes d'aiguillons , Dont le moindre des nœuds pourroit des plus félons. En leur plus grand courroux , arrester les menaces.

Cheveux non acheptez, empruntez ny fardez, Qui vostre naturel sans feintise gardez , Que vous me semblez beaux ! permettez que j'en porte

Un lien à mon col , à fin que sa beauté.

Me voyant prisonnier lié de telle sorte , Se puisse tesmoigner quelle est sa cruauté.

LI(i).

Je suis esmerveillé que mes pensers ne sont Las de penser en vous , y pensant à toute heure ; Me souvenant de vous , or' je chante , or* je pleure , Et d'un penser passé cent nouveaux se refont.

Puis, légers comme oy seaux, ils volent et s'en vont , M 'abandonnant tout seul, devers vostre demeure; Et , s'ils sçavoient parler, souvent vous seriez seure Du mal que mon cœur cache, et qu'on lit sur mon front.

Or sus venez , Pensers, pensons encor en elle, De tant y repenser je ne me puis lasser ; Pensons en ses beaux yeux et combien elle est belle ,

Elle pourra vers nous les siens faire passer. Venus non seulement nourrit de sa mammelle Amour^ son fils aisné , mais aussi le Penser.

LU

Belle fforge d'albastre , et vous, chaste poictrine , Qui les Muses cachez en un rond verdelet (2),

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