‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 2)Chapitre 175 sur 227 · IV. (1S78O · texte numérisé non relu

IV. (1S78O

Les anciens souloient après souper Verser du vin en l'honneur de Mercure, Pour effacer (durant la nuict obscure) Les songes vains qui nous viennent tromper.

Et moy je veux tout le pavé tremper D'un vin versé, signe de bon augure, Que mon grana roy par sa gloire future Doit de son chef les estoiles frapper.

)74 Amours

C'est mon soleil , vous estes mes estoiles ; C'est luy qui rompt les ténébreuses voiles De mon esprit par son jour nompareil(tf);

Et toutefois les astres je regarae.

Le bon pilote aux estoiles prend garde Plus volontiers qu'il ne fait au soleil.

Dieux , si au ciel demeure la pitié , En ma faveur que maintenant on jette Du feu vengeur la meurtrière sagette^ Pour d'un mauvais punir la mauvaistié,

Qui seul m'espie, et seul mon amitié Va détraquant , lors que la nuict secrette Et mon ardeur honteusement discrette Guident mes pas où m'attend ma moitié.

Accablez , Dieux , d'une juste tempeste L'oeil espion de sa parjure teste , Dont le recard toutes les nuicts me suit;

Ou luy cfonnez Taveugle destinée

?uï aveugla le malheureux Fhinée bur ne voir rien qu'une étemelle nuict.

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