VERS DU ROY CHARLES IX
Ronsard, si ton vieil corps ressembloit ton esprit. Je seroy bien content (Pavouer par escrit Qu'il sympathiseroit en mal avec le mien ,
Ronsard. -- III. 17
258 Responce
Et qu'il seroit malade aussi bien que le tien. Mais lors que ta vieillesse en comparaison ose Regarder ma jeunesse , en vain elle propose De se rendre pareille à mon jeune printemps; Car en ton froid hyver rien dfe verd n*est cledans ; Il ne te reste rien qu'un esprit grand et haut, Leauel comme immortel jamais ne te défaut.
Or donc je te diray que bien-heureux serois Si de ton bon esprit un rayon ie tirois^ Ou bien aue sans t'oster rien au tien si exquis, Par estucle et labeur un tel m'estoit acquis. Ton esprit est , Ronsard , plus gaillard que le mien ; Mais mon corps est plus jeune et plus fort que le tien. Par ainsi je conclu qu'en sçavoir tu me passe D'autant que mon printemps tes cheveux gris efface.