‹ Œuvres complètes de P. de Ronsard (volume 3)Chapitre 82 sur 155 · LE QUATRIESME LIVRE · texte numérisé non relu

LE QUATRIESME LIVRE

, Uand la nouvelle an père fut venue, I D'ardeur et d'ire une bouillante nue I Pressa son cœur, oui menu sanglotoit.

^ ' De coups plombez l'estomac se battoit,

^nsant, songeant et discourant la sorte Comme sa fille en la mer estoit morte.

Il souspiroit, et d'un bourbier fangeux Des-honoroit sa barbe et ses cheveux ; Prise de deuil, sa raison se fourvoyé {a).

Son fils Orée aux oracles envoyé, Auc^uel (cherchant d'un cœur devotieux Trois jours entiers la volonté des Dieux Par mainte offrande en victime immolée ) Telle voix fut du trepié révélée :

tf. Var. :

// rompt sa robe, et tout privé de joye .

Ronsard, '•^llU t}

194 La Franciade.

a Si le roy veut se soulager d'ennuy.

Ne loge plus d'arondetles chez luy {a), »

Telle parole en doute respondue Fut aisément de ce prince entendue ; C'est qu'il devoit, par prudente raison, Les estrangers chasser de sa maison (b) , Hommes sans foy, parjures et sans âme.

Et du trespas de sa fille le blasmei « En nul pays la foy n'a plus de lieu, Disoit ce prince, et Jupin le grand Dieu N'a plus ae soin de l'humaine malice, Et le péché ne craint plus la justice.

Cest estrancer, pauvre , chetif et nu , Un vif naufrage à ma rive venu , Couvert d'escume et de bourbe et de sable.

Ah ! que j'ay fait compagnon de ma table, Que j ay voulu pour mon gendre choisir, Et luy partir ma terre à son plaisir, Moque mon sceptre, et, masqué de feintise, Ma vieille barbe et mes cheveux mesprise !

Et, sous couleur d'un destin, ne veut point Par foy promise aux femmes estre joint, Second Paris , pirate qui consomme Ses ans sur l'eau. Toutefois ce preud'homroe ,

il. Var. (M78) :

Si le Roy veut sa peine soulager.

Il ne doit plus d'arondelles loger,

b. Var. U578):

Que le vieillard esteigne le tizon , Et Varondelle oste de sa maison.

Editions posthumes :

Cest de l'amour esteindre le tizon ^ Et Vestranger chasser de sa maison.

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