‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 167 sur 216 · Livre second · texte numérisé non relu

Livre second

Le peuple sot qui pensoit que l'argent Fust don du ciel, y courut diligent Pour ramasser ; par foules et par bandes, S'entre-poussans faisoient des noises grandes, Et tant ardans après Tor ils estoient,

?u'en le serrant a grands coups se battoient, int d'argumens pour les combats il offre I L'un empfissoit un bahu, l'autre un coffre.

L'autre la bource, et chargez à foison S'en retournoient joyeux en leur maison.

Je n'y estois, Moreau, j'estois malade Quand ceste heureuse opulente brigade Amassoit l'or à pleins paniers; or toy Qui en serras pour France et pour le Roy, Et pour les tiens, mon Moreau, je te prie

M'en départir si peu que tu voudras ; Plus indigent le Roy n'en sera pas; Et désormais de promesses n'abuses Ton vieil amy, ton Ronsard, et ses Muses.

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