‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 67 sur 216 · I. Féma : la Renommée · texte numérisé non relu

I. Féma : la Renommée

a. Orare : discourir. Nous disons pérorer.

io8 Les Poèmes.

Soit pour loger toutes vertus ensemble, Seul tu le fais : je Tai bien esprouvé Qui au besoin fiaelle t*ay trouvé.

Pource envers toy je suis du tout semblable Au villageois qui, pauvre et redevable.

Par tous moyens ne cesse d'essayer Comme il pourra son créancier payer.

Et ne trouvant une bourse assez forte Un mol fromage du des œufs luy apporte.

Ou des raisins, des pommes ou des noix.

Le créancier qui a le cœur courtois, Prend le présent et le debteur renvoyé En attendant plus sonnante monnoye.

Pren donq ce livre (*) en attendant de moy Meilleur payment qui soit digne de toy.

Ce sont souspirs et larmes espandues.

Folles amours follement despendues,

?u* Amour chanter par contrainte me fit.

iï pourras bien en faire ton profit Sans te lier sous Tamoureux servage.

Sage et rusé par mon propre dommage.]

Tu me diras : Quoi! tu parles tousjours De pleurs, de cris/3e sanglots et d*amours, Ja tout grison et tout comblé d'affaires Qui sont, Ronsard, à tes amours contraires, Plaids et procès, nille sacs au costé I Tu es aveugle ou tu es eshonté D'abandonner tes négoces pressées Pour des ardeurs qui sont si tost passées, (a)

a. Var. :

Tu me diras : Et quoy f la poésie Amuse encor ta folle fantasief Veu que tu as tant de sacs au costi,

I . Cette pièce étoit, dans l'origine, en tête du cinquième livre des Poèmes.

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