‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 7 sur 216 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

Et vos longs doigts, cinq rameaux inégaux, Ne sont pompeux de bagues njF d'anneaux, Et la beauté de vostre gorge vive N'a pour carquan que sa blancheur naïve.

Un crespe long, subtil, et délié, Piy contre-pfy retors et replié.

Habit de deuil, vous sert ae couverture Depuis le chef jusques à la ceinture.

Qui s'enfle ainsi qu'un voile, quand le vent Soufle la barque, et la single en avant.

De tel habit vous estiez accoustrée Partant, helas ! de la belle contrée Dont aviez eu le sceptre dans la main, Lors que pensive, et baignant votre sein Du beau crystal de vos larmes roulées, Triste marchiez par les longues allées Du grand jardin de ce royal chasteau

?ui prend son nom de la beauté d'une eau. (*} ous les chemins blanchissoient sous vos toila»^ Ainsi qu'on voit blanchir les rondes voiles.

Et se courber bouffantes «ur la mer.

Quand tes forçats ont cessé de ramer ; Et la galère au gré du vent poussée Flot dessur fiot s'en-va toute eslancée Sillonnant l'eau, et faisant d'un grand bruit Pirouetter la vague qui la suit.

Lors les rochers, bien qu'ils n'eussent point d'ame, Voyans marcher une si belle dame.

Et les déserts, les sablons et l'estans Où vit maint cygne habillé tout de blanc, Et des hauts pms la cyme de verd peinte.

Vous contemploient comme une chose sainte, Et pensoient voir (pour ne voir rien de tel) Une Déesse en habit d'un mortel Se promener, quand l'aube ret<)urnée Par les jardins poussoit la matinée,

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