‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 81 sur 216 · Livre premier · texte numérisé non relu

Livre premier

Or toute mort, ou soit lente ou soudaine^ Vient par deux poincts à toute chose humaine, Par accidens de dedans ou dehors :

La Parque en nous fait par là ses efforts.

Par le dehors, quand la chair est coupée Jusques au cœur, d'une homicide espée ;

?uand un rocher, un arbre, un soliveau ombant d'enhaut nous froisse le cerveau.

Par le dedans, quand la fièvre, la peste, L'hydropisie, ou autre mal moleste Veines et nerfs, et les membres vitaux :

Lors nous mourons, les hostes des tombeaux.

Ainsi advient aux sceptres qui se rompent, Qui par dedans ou dehors se corrompent.

Par le dehors, quand un Prince estranger Vient à main forte en armes outrager* Par le dedans, auand les guerres civilles De factions bruslent le cœur des villes ;

?uand la noblesse et le peuple sans foy, ôut desbridé, fait la guerre à son Roy :

Et vaudroit mieux taire bien loin la guerre Aux Sarrazins qu'en nostre propre terre, En nos fbuyers, dont jamais le vainqueur N'a rapporté qu'une enflure de cœur ; Et pource il faut chastier son envie.

Voylà comment le sceptre qui dévie Reprend vigueur, et se fait florissant Autant ou plus qu'il e^toit languissant. Il se fait craindre aux nations estranges, Et jusqu'au ciel tait voler ses louanges.

tout'puissant, grand Monarque des Rois, Qui dans les cœurs nous sondes et nous vois.

Qui dans tes mains cardes le cœur d'un Prince, uirde, grand Dieu, la Françoise province, Garde le Roy, ses frères et sa sœur, Garde la mère; eX $i quelque malheur

1)2 Les Poèmes.

Doit arriver dont la verge soit preste, Des ennemis puisse frapper la teste, Et s'eslongner bien loin du chef du Roy, Du tien, Chauveau, des peuples et de moy.

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