LE CARDINAL ET LE CHANSONNIER
r.A fouce, 1829.
Ain : Je vais bien lot quiltcr l'empire.
Quel beau mandement vous nous faites * s !
Prélat, il me comble d'honneur!
Vous lisez donc mes chansonnettes?
Ah ! je vous y prends, Monseigneur, (bis.)
Entre deux vins, souvent ma muse
Perdit son manteau virginal.
Petit péché, si son ivresse amuse.
Qu'en dites- vous, monsieur le Cardinal?
Ça, que vous semble de Lisette, Qui dicta mes chants les plus doux?
Vous vous signez sous la barrette !
Lise a vieilli : rassurez- vous.
Des jésuites elle raffole* 9 ; Et, priant Dieu tant bien que mal.
DE BÉRÀNGER. 25T>
Pour leurs enfants Lise tient une école.
Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal?
A chaque vers patriotique 3o ,
Je vous vois me faire un procès.
Tout prélat se croit hérétique
Qui chez nous a le cœur français.
Sans y moissonner, moi, pauvre homme,
J'aime avant tout le sol natal.
J'y tiens autant que vous tenez à Rome.
Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal ?
Puisque vous fredonnez mes rimes, Vous, grand lévite ultramontain, N'y trouvez-vous pas des maximes Dignes du bon Samaritain 51 ?
D'huile et de baume les mains pleines, 11 eût rougi d'aigrir le mal.
Ah ! d'un captif il n'eût vu que les chaînes, Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal?
Enfin, avouez qu'en mon livre
Dieu brille à travers ma gaîté.
Je crois qu'il nous regarde vivre,
Qu'il a béni ma pauvreté.
Sous les verrous sa voix m'inspire
Un appel à son tribunal. Des grands du monde elle m'enseigne à rire.
Qu'en dites-vous, monsieur le Cardinal?
Au fond vous avez l'âme bonne.
Pardonnez à l'homme de bien,
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Monseigneur, pour qu'il vous pardon m* Votre mandement peu chrétien.
Mais au conclave on met la nappe 7ti , Partez pour Rome à ce signal.
Le Saint-Esprit fasse de vous un pape !
Qif en dites-vous, monsieur le Cardinal ?
COUPLET
Am : ("est le meilleur homme du monde.
J'ai suivi plus d'enterrements Que de noces et de baptêmes ; J'ai distrait bien des cœurs aimants Des maux qu'ils aggravaient eux-mêmes.
Mon Dieu, vous m'avez bien doté :
Je n'ai ni force ni sagesse ; Mais je possède une gatté Qui n'offense point la tristesse.