‹ Œuvres complètes de P. J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvelles (volume 2)Chapitre 31 sur 177 · LA BONNE MAMAN · texte numérisé non relu

LA BONNE MAMAN

COUPLETS

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Aih : J'étais bon chasseur autrefois

Au dire <lu proverbe ancien.

L'amitié ne remonte guère.

Bon petit-fils, je n'en crois rien, Quand je pense à vous, ma grand'mcrr.

Ces titres, quelquefois si doux, Vous paraîtraient-ils insipides ?

Bonne maman, consolez- vous, Vous n'avez point encore de rides.

L'âge a-t-il éteint vos désirs?

Blâmez-vous les tendres chimères?

Censurer les plus doux plaisirs Est le plaisir de nos grand'mères.

Les ans font-ils neiger sur nous, A nos yeux tout se décolore.

Bonne maman, consolez-vous, Vous ne blanchissez pas encore.

L'amour a peur des grand'mamans ; Mais» à prix d'or, combien de vieilles Ont à leurs gages des amants

n chansons

Dont les missives font merveilles' On sait, pour lire un billet doux, Quel moyen prennent ces coquettes.

Bonne maman, consolez- vous.

Vous lisez encor sans lunettes.

Quoi ! sans rides, sans cheveux blancs, Et sans lunettes, à votre âge !

Voyons si vos genoux tremblants Des ans n'attestent point l'outrage.

Oui, je vois trembler vos genoux, . Que l'Amour tendrement caresse.

Bonne maman, consolez-vous, Prenez un bâton de vieillesse.

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