‹ Œuvres complètes de P. J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvelles (volume 2)Chapitre 69 sur 177 · BONSOIR · texte numérisé non relu

BONSOIR

COUPLETS A M. LAJSNEY, I Ml' (Il M FUR A PKINWNP '".

Air de la République.

Mon cher Laisney, trinquons, trinquons encore A nos beaux jours promptement écoulés.

Comme ils sont loin, les feux de notre aurore! Que de plaisirs avec eux envolés !

Mais de regrets faut-il qu'on se repaisse?

Non; la gaîté nourrit encor l'espoir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Cinquante hivers ont passé sur ta tète ; J'ai de bien près cheminé sur tes pas.

Mais ces hivers ont eu leurs jours de fête ; Tout ne fut point aquilons et frimas.

Aurions-nous mieux employé la jeunesse, Vécu moins vite avec un riche avoir?

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

Dans l'art des vers c'est toi qui fus mon maître : Je t'effaçai sans te rendre jaloux.

Si les seuls fruits que pour nous Dieu fit naître Sont des chansons, ces fruits sont assez doux. Dans nos refrains que le passé renaisse ; L'illusion nous rendra son miroir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un. gai bonsoir.

Reposons-nous; car les Amours, sans doute, Pour qui jadis nous avons tant marché, Nous crîraient tous, s'ils nous trouvaient en route : Allez dormir, le soleil est couché.

Mais l'Amitié, l'ombre fût-elle épaisse, Vient allumer nos lampes pour y voir.

Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.

DE BEKANGKR. 149

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