‹ Œuvres complètes de P. J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvelles (volume 2)Chapitre 7 sur 177 · DE PR0FUND1S · texte numérisé non relu

DE PR0FUND1S

A l.'tXUJK

bfc DEUX OU ÎKOlS MAltlS.

Ain : Kh! gai, gai, gai, mon officiel'»

Lii! gai, gai, gai, de profundis!

Ma femme A rendu l'âme.

Eli ! gai, gai, gai, de profundis!

Qu'elle aille en paradis.

DE IIÉKANGEK.

A cette âme si chère Le paradis convient ; Car, suivant ma grand'mère.

De l'enfer on revient.

Ehî gai, gai, gai, de profundi*!

Ma femme A rendu l'âme.

Eh ! gai, gai, gai, de profundi*!

Qu'elle aille en paradis.

Hélas! le ciel lui-môme Avait tissu nos nœuds; Mon bonheur fut extrême...

Pendant un jour ou deux.

Eh ! gai, gai, gai, de profundi* !

Ma femme A rendu l'âme Eh! gai, gai, gai, de profundi*!

Qu'elle aille en paradis.

Quoiqu'il fût impossible D'avoir l'air plus malin, Elle était trop sensible...

Si j'en crois mon voisin.

Eh! gai, gai, gai, de profundi*!

Ma femme A rendu l'âme.

Eh! gai, gai, gai, de profundi*!

Qu'elle aille en paradis.

Non, jamais tourterelle N'aima plus tendrement; Comme elle était fidèle...

A son dernier amant!

Eh ! gai, gai, gai, de profundis !

Ma femme A rendu rame.

Eh ! gai, gai, gai, de profundis !

Qu'elle aille en paradis.

Dieu! faut-il lui survivre?

Me faut-il la pleurer?

Non, non, je veux la suivre...

Pour la voir enterrer.

Eh! gai, gai, gai, de profundis!

Ma femme A rendu Tâme.

Eh! gai, gai, gai, de profundis!

Qu'elle aille en paradis.

Air du Vaudeville de Préville et Tacotmct.

Allez, enfants nés sous un autre règne;

Sous celui-ci quittez le coin du feu.

Adieu ! partez, bien que pour vous je craigne

* Otte chanson est en tête du volume publié en 1825.

DE KERANGE1I. ,

Certaines gens qui pardonnent trop pou .

On m'a crié : L'occasion çst bonne ; Tous les partis rapprochent leurs drapeaux. Allez, enfants; mais n'éveillez personne :

Mon médecin m'ordonne le repos.

Pour vos aînés que de pas et d'alarmes !

J'ai vu Thémis m'ôter mon plus doux bien :

Car en prison le sommeil est sans charmes:

Près du malheur on ne dort jamais bien.

J'entends encor le verrou qui résonne Et dans ma main fait trembler mes pipeaux.

Allez, enfants ; mais n'éveillez personne :

Mon médecin m'ordonne le repos.

Si l'on disait : La gaîté vous délaisse, Vous répondrez (et pour moi j'en rougis) :

« De notre père accusant la faiblesse, « Les plus joyeux sont restés au logis. »

Ces égrillards iraient, d'humeur bouffonne, Pincer au lit le diable et ses suppôts.

Allez, enfants; mais n'éveillez personne :

Mon médecin m'ordonne le repos.

Vous passerez près d'une ruche pleine, D'abeilles, non ; mais de guêpes, je crois.

Ne soufflez mot, retenez votre haleine; Tremblez, enfants, vous qui jurez parfois * ! Le dard caché qu'à ces guêpes Dieu donne

* Dans plus d'un village, on croit encore que les abeilles s<> jettent sur ceux qui profèrent des jurons auprès de leur ruche.

< r.IJAiNSONS

A fait périr des bergers, des troupeaux.

Allez, enfants; mais n'éveillez personne :

Mon médecin m'ordonne le repos.

Petits Poucets de la littérature, S'il vient un ogre, évitez bien sa dent ; Ou, s'il s'endort, dérobez sa chaussure; De s'en servir on peut juger prudent.

Non : qu'ai-je dit ? Ah ! la peur déraisonne ; Tous les partis rapprochent leurs drapeaux.

Allez, enfants ; mais n'éveillez personne :

Mon médecin m'ordonne le repos.

Page 1