‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvellesChapitre 13 sur 105 · NAPOLEON · texte numérisé non relu

NAPOLEON

Femme, que fait la métropole, Ce grand Paris, notre fanal?

L^ÉGTPTIENNE

Cette ville, que Ton croit folle, C'est Brutus en habit de bah Là j'entendis, Toreille à terre, De profonds et sourds grondements.

Palais et temples, un cratère Va s'ouvrir sous vos fondements.

Un ciel pur semble nous absoudre, Chantait la cour dans ses ébats.

Le ciel est pur; mais c'est d'en bas Qu'à présent partira la foudre.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi, Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

NAPOLÉOM.

Je me fie à votre science; Égyptienne, voici ma main.

l'égyptienne.

Que vois-je ! signes de puissance I

labeurs du génie humain !

Muses, pour vous quelle épopée!

Législateurs, qu'il sera grand!

France, à Tœuvre! forge une épée

Pour cette main de conquérant.

Rois, pleurez vos orgueils de race;

Suivez-le, peuples haletants.

Moi, je tombe aux pieds dont le temps

Doit à jamais garder la trace.

J'ai vu ta main. noble enfant! crois-moi, Quand je te dis : Tu seras plus qu'un roi.

Aux paroles de la sibylle.

Le jeune homme, silencieux, Croise les bras, rêve, immobile:

Un éclair brille dans ses yeux.

A genoux reste TÉgyptienne, Mais Joseph s'écrie, exalté:

Napoléon, qu'il te souvienne De moi dans ta prospérité.

Afin de payer l'étrangère

Pour qui Dieu n'a rien de caché, Frère, courons vendre au marché Les olives de notre mère.

L^ÉGTPTIENMK.

J'ai vu ta main. noble enfant! crois-moi, Ouand je te dis : Tu seras plus qu'un roi.

Ai CHANSONS

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