‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvellesChapitre 31 sur 105 · QUI M'ECRIVAIT : PETIT BONHOMME VIT ENCORE · texte numérisé non relu

QUI M'ECRIVAIT : PETIT BONHOMME VIT ENCORE

Air

Petit bonhomme vit encore.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas, Quand maint sot, quand mainte pécore, Échappent cent ans au trépas?

Envie et haine, il vous ignore; Fortune, il rit de tes appas.

Petit bonhomme vit encore^ Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

* Cette chanson n'est pas digne de l'impression ; mais je la garde comme le dernier souyenir d'une vieille amitié.

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

S'il ne peut plus mordre à la pomme

Qu^Vdam a greffée ici-bas,

Il n'en dort pas moins d'un bon somme,

N'en fait pas moins quatre repas.

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

Petit bonhomme vit encore.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

Au Parnasse, dès notre aurore, C'est lui qui m'a marqué le pas.

Qu'un siècle et plus sa voix sonore Chante aux enfants leurs grands-papas !

Petit bonhomme vit encore.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

Quand des hivers s'accroît la somme, On rêve à ses jeunes ébats.

Plus d'un rayon réchauffe et dore Le vieux pin chargé de frimas.

Petit bonhomme vit encore.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

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