‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger: contenant les dix chansons nouvellesChapitre 57 sur 105 · LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LES VOYAGES

Ant :

Viens, m'ont dit vingt chars rapides; Le feu nous pousse à travers Bois épais, cités splendides, Monts et prés, champs et déserts.

Faisant honte aux hirondelles, Tu croiras, sur nos essieux, Que la terre a pris des ailes Pour passer devant tes yeux.

Viens, me crie un beau navire, Voir rhomme en tous les climats; Voir en germe quelque empire, Des ruines voir Tamas.

Par un caprice de Tonde, Tu peux, voguant avec moi.

Ajouter un nouveau monde A ceux dont le nôtre est roi.

Des astres je sais la route; Viens, dit un aérostat, Monte à la céleste voûte Pour en juger mieux Téclat.

Sur maint problème à résoudre.

Dans mon vol audacieux, Viens, au-dessus de la foudre.

Sonder Tabîme des cieux.

Partez tous. Ici je reste.

Heureux d'un monde borné; D'oiseaux, de fleurs, monde agreste, D'ombrages environné.

Quand la nuit étend son voile.

Et qu'au ruisseau transparent Vient se mirer une étoile, Oh ! que l'univers est grand !

DE BÉRANGER. 2i5

Page 1