MES FLEURS
Air : Charmant ruisseau.
Modestes fleurs, empressez-vous d*éclore :
Déjà bien vieux, j'ai hâte de vous voir.
De votre éclat, vite, égayez Taurore; De vos parfums, vite, embaumez le soir.
Fleurir demain serait trop tard peut-être :
Pour les vieillards tout flot cache un écueil. Ce beau soleil, qui vous invite à naître, Peut, dès demain, briller sur mon cercueil.
Le choléra revient, affreux vampire, Typhus vengeur de Tlndien opprimé.
Ëclosez donc, fleurs; que du moins j'aspire Son noir venin dans un air parfumé.
Bis.
Bis.
Bis.
Grondent encor les canons dans la ville ; D^horribles cris nos échos sont tremblants !
Si jusqu'ici vient la guerre civile, Croissez, mes fleurs, entre ses pieds sanglants.
Fleurs, vous aussi, vous avez vos souffrances. Le ver est là ; le vent peut accourir.
Moi, qui longtemps ai vécu d'espérances, Que de boutons j'ai vus ne pas fleurir I
Ne craignez pas que ma main vous moissonne.
Vieux, je n'ai plus de bouquets à donner.
De vous mon front n'attend plus de couronne; Je pars en roi qu'on vient de détrôner.
Las du combat, des folles théories.
Las de nombrer les taches du soleil.
Que n'ai-je enfin, sous vos tiges fleuries, Un lit creusé pour mon dernier sommeil !
Mais, près de vous, fleurs au tendre langage, Si de ma mort, ici, j'atteins le jour.
Bi$.
Bis.
Bis.
Bis.
Puisse un parfum, souvenir du jeune âge, Ce jour encor me reparler d^amour !
Modestes fleurs, empressez-vous d*éclore :
Déjà bien vieux, j'ai hâte de vous voir.
De votre éclat, vite, égayez l'aurore; De vos parfums, vite, embaumez le soir.
Bis.
Bis.