‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger: Éd. unique rev. par l'auteur, ornée deChapitre 105 sur 105 · L'HIVER · texte numérisé non relu

L'HIVER

Air : Une Hlle est un oiseau.

Les oiseaux nous ont quittés;

Déjà rhiver qui les chasse

Étend son manteau de glace

Sur nos champs et nos cités .

A mes vitres scintillantes

Il trace des fleurs brillantes ;

Il rend mes portes bruyantes,

Et fait grelotter mon chien.

Réveillons, sans plus attendre,

Mon feu qui dort sous la cendre.

Chauffons-nous, chauffons-nous bien, (bis,)

O voyageur imprudent !

Retourne vers ta famille.

J en crois mon feu qlii pétille ; Le froid devient plus ardent.

Moi, j en puis braver Finjure:

Rose, en douillette, en fourrure,

Ici , contre la froidure

Vient m offrir un doux soutien.

Rose, tes mains sont de glace ;

Sur mes genoux prends ta place.

Chauffons-nous, chauffons-nous bien.

L ombre s'avance, et la nuit

Roule son char sur la neige.

Rose, Famour nous protège ;

G est pour nous que le jour fuit.

Mais un couple nous arrive;

Joyeux amis, beauté vive ,

Entrez tous deux sans qui vive !

Le plaisir n y perdra rien.

Moins de froid que de tendresse ,

Autour du feu qu'on se presse.

Chauffons-nous, chauffons-nous bien.

Les caresses ont cessé Devant la lampe indiscrète.

Un festin que Rose apprête,

Gaiment par nous est dressé.

Notre ami s'est fait, à table,

U'un brigand bien redoutable

Et d'un spectre épouvantable

Le fidèle bistorien.

Tandis que le puncb s allume,

Beau du feu qui le consume,

Chauffonsp-nous, cbauffons-nous bien^

Sombre hiver, sous tes glaçons

Ensevelis la nature;

Ton aquilon , qui murmure,

Ne peut troubler nos chansons.

Notre esprit, qu amour seconde.

Au coin du feu crée un monde

QuW doux ciel toujours féconde,

Où s aimer tient lieu de bien.

Que nos portes restent closes,

Et, jusqu'au retom* des roses.

Chauffons-nous, chauffons-nous bien. (6t5.)

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