‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger: Éd. unique rev. par l'auteur, ornée deChapitre 37 sur 105 · L'AUTOMNE · texte numérisé non relu

L'AUTOMNE

Air

Deux saisons ré(j[lent toutes choses, Pour qui sait vivre en s'amusant:

Au printemps nous devons les roses, A Tautomne un jus bienfaisant.

Les jours croissent ; le cœur s'éveille :

On fait le vin quand ils sont courts.

Au printemps , adieu la bouteille !

En automne , adieu les amours !

Mieux il vaudrait unir sans doute Ces deux penchants faits pour charmer; Mais pour ma santé je redoute De trop boire et de trop aimer.

CHANSONS DE BÉRANeBB. 33

Or, la sagesse me ooiKeiUe De partager aiqsi mes jours :

Au printemps, adiefa la bouteille !

En automne , adieu les amours^.

Au mois dem^ij ai vu Rosette, Et mon cœur a subi ses lois.

Que. de caprices la coquette Ma fait essuyer en six mois !

Pour lui rendre enfin la pareille, J'appelle octobre à mon secours.

Au printemps , adieu la bouteille !

En automne , adieu les amours !

Je prends , quitte , et reprends Adèle , Sans façon comme sans regrets.

Au revoir, un jour me dit-elle.

Elle revint long-temps après; J étais à chanter sous la treille :

Ah ! dis-je , Tannée a son cours.

Au printemps, adieu la bouteille !

En automne , adieu les amours!

Mais il est une enchanteresse Qui change à son gré mes plaisirs.

Du vin elle excite lïvresse, Et maîtrise jusqu'aux désirs.

Pour elle ce n'est pas merveille De troubler l'ordre de mes jours, Au printemps avec la bouteille, En automme avec les amours.

lU: MD^ÎUe i',V;?,OT'3-!T.JK .

CHANSONS DE B^EIANGER. 35

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