‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger: Éd. unique rev. par l'auteur, ornée deChapitre 52 sur 105 · LA DOUBLE IVRESSE · texte numérisé non relu

LA DOUBLE IVRESSE

Air : Que ne snit-je la foudre !

Je reposais sous Fombrage , Quand Nœris vint m'évelUer :

Je crus voir sur son visage Le feu du désir briller. Sur son front Zéphire agite La rose et le pampre vert ; Et de son sein qui palpite Flotte le voile entr ouveirt.

Un enfant qui suit sa trace (Son frère, si je l'en crois) Presse pour remplir sa tasse Des raisins entre ses doigts.

Tandis qu'à mes yeux la belle

Chante et danse à ses chansons, L enfant , caché derrière elle , Mêle au vin d affreux poisons.

Nœris prend la tasse pleine, Y goûte , et vient me l'offrir.

Ah ! dis-je , la ruse est vaine :

Je sais qu on peut en mourir.

Tu le veux , enchanteresse ; Je bois , dussè-je en ce jour Du vin expier K vresse Par l'ivresse de l'amour.

Mon délire fut extrême :

Mais aussi qu'il dura peu !

Ce n'est plus Nœris que j'aitne , Et Nœris s'en fait un jeu.

De ces ardeurs infidèles Ce qui reste, c'est qu'enfin ^ Depuis , à l'amour des belles J'ai mêlé le goût du vin*

106 CHANSONiS DE BÉBANGER.

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