PEUT-ÊTRE
Fin de janvier 1814.
Air : Eh quoi ! tous sommeillez encore? {de Fanchon.)
Je n eus jamais dl|idii[féreBCç Pour la gloire du pom frauçais.
L etrwger ^nv^it h France, Et je mwdis tous ççs succès.
Mais, bien que la douleur honore y Que servira d avoir gémi ?
Puisqu'ici nous rions encore , Autant de pris sur Fennemi !
Quand plus dun brave aujourd'hui tremble, Moi, poltron, je ne tremble pas.
Heureux que Bacchus nous rassemble
CHANSONS DE BËRAN6ËR. 128
Pour trinquer à ce gai repas !
Amis, c'est le dieu que j'implore ; Par lui mon cœur est a£fermi< Buvons gaiment, buvons ^core :
Autant de pris sur l'ennemi !
Mes créanciers f.ont des corsaires Contre moi toujours soulevés. J'allais mettre ordre à mes affaires , Quand j'appris.ce que vous savez.
Gens que l'avarice dévore, Pour votre or soudain j'ai frémi.
Prêtez-m'en donc , prêtez encore :
Autant de pris sur l'ennemi !
Je possède jeune maîtresse, Qui va courir bien des dangers.
Au fond, je crois que la traîtresse Désire un peu les étrangers.
Certains excès que l'on déplore Ne l'épouvantent qu'à demi.
Mais cette nuit me reste encore :
Autant de pris sur l'ennemi !
Amis, s'il n'est plus d'espérance , Jurons, au risque du trépas , Que pour l'ennemi de la France Nos voix ne résonneront pas.
Mais il ne faut point qu'on ignore Qu'en chantant le cygne a fini.
Toujours Français, chantons encore Autant de pris sm* l'ennemi !