AU JARDIN DES TUILERIF.S
Juin 1814.
AIR: Faut d'ia vertu, pas trop nen faut.
Puisque le tyran est à bas , Laissez-nous prendre nos ébats.
Aux maîtres des cérémonies Plaise ordonner cjue , dès: demain , Entrent sans laisse aux Tuileries Les chiens du faubourg Saint-Germain.
Puisque le tyran est à bas.
lO
Ijaissez-nous prendre nos ébats.
Des chiens dont le pavé se couvre Distinguez-nouStà nos colliers.
On sent que les honneurs du Louvre Iraient mal à ces roturiers.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
Quoique toujours, sous son empire, L usurpateur nous ait chassés, Nous avons laissé sans mot dire Aboyer tous les gens pressés.
Puisque le tyran est à baa.
Laissez-nous prendre nos ébats.
Quand sur son régne on prend des notes , Grâce pour quelques chiens félons !
Tel qui long-temps lécha ses bottes Lui mord aujourd'hui les talons.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
En attrapant mieux que des puces , On a vu carlins et bassets Caresser Allemands et Russes Couverts encor du sang français.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
Qu'importe que, sûr d'un gros lucre, L'Anglais dise avoir triomphé ?
On nous rend le morceau de sucre ; Les chats reprennent leur café.
Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
Quand nos dames reprennent vite Les barbes et le caraco , Quand on refait de l'eau bénite.
lO.
148 CHANSONS DE BEBANGER.
Remettez-nous in statu quo.
Puisque le tyran est à bas , Laissez-nous prendre nos ébats.
Nous promettons, pour cette grâce, Tous y hors quelques barbets honteux ^ De sauter pour les gens en place , De courir sur les malheureux.
Puisque le tyi-an est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats.
CHANSONS DE BÉRA«GEB. 149