‹ Œuvres complètes de P.J. de Béranger: Éd. unique rev. par l'auteur, ornée deChapitre 79 sur 105 · A MES AMIS · texte numérisé non relu

A MES AMIS

Air : de la Pipe de tabac.

Nous verrons le temps qui nous presse Semer les rides sur nos fronts ; Quoi qu'il nous reste de jeunesse , Oui , mes amis, nous vieillirons.

Mais à chaque pas voir renaître Plus de fleurs qu'on n'en peut cueillir ; Faire un doux emploi de son être, Mes amis, ce n'est pas vieillir.

En vain nous égayons la vie

Par le Champagne et les chansons ;

224 CHANSONS DE BÉRANGEB.

A table , où le cœur nous convie , On nous dit que nous vieillissons.

Mais jusqu'à sa dernière aurore En buvant frais s'épanouir ; Même en tremblant chanter encore , Mes amis , ce n est pas vieillir.

Brûlons-nous pour une coquette Un encens d'abord accueilli ; Bientôt peut-être elle répète Que nous n'avcms que trop vieilli.

Mais vivre en tout d'économie , Moins prodiguer et mieux jouir ^ D'une amante faire une amie , Mes amis ^ ce n'est pas vieillir.

Si long-temps que 1 on entretienne Le cours heureux des passions , Puisqu'il faut qu'enfin l'âge vienne , Qu'ensemble au moins nous vieillissions !

Chasser du coin qui nous rassemble

Les maux prêts à nous assaillir ; Arriver au but tous ensemble, Mes amis, ce n'est pas vieillir.

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