L'INDÉPENDANT
A m : Je rais Ineiifôt qintler l'empire
iiespectez mon indépendance, Esclaves de la vanité :
C'est à l'ombre de l'indigence Que j'ai trouvé la libcrlé. (/i/.s.) Jugez aux chants qu'elle m'inspiie Quel est sur moi son ascendant! (/i/,s.) Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendani, Je suis, je suis indépendant.
DE BERANGER. Soo
Oui, je suis un pauvre sauvage
Errant dans la société ;
Et pour repousser l'esclavage
Je n'ai qu'un arc et ma gaieté.
Mes traits sont ceux de la satire :
Je les lance en me défendant.
Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant,
Je suis, je suis indépendant.
Chacun rit des flatteurs du Louvre, Valets en tout temps prosternés Dans cette auberge qui ne s'ouvre Que pour des passants couronnés.
On rit du fou qui, sur sa lyre, Chante à la porte en demandant.
Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant. Je suis, je suis indépendant.
Toute puissance est une gêne :
Oh ! d'un roi que je plains l'ennui î
C'est le conducteur de la chaîne ;
Ses captifs sont plus gais que lui.
Dominer ne peut me séduire;
J'offre l'Amour pour répondant.
Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant,
Je suis, je suis indépendant.
En paix avec ma destinée^
Gaiement je poursuis mon chemin,
Riche du pain de la journée
Et de l'espoir du lendemain.
Chaque soir, au lit qui m'attire
Dieu me conduit sans accident.
Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant,
Je suis, je suis indépendant.
Mais quoi ! je vois Lisette ornée De ses attraits les plus puissants ^ Qui des chaînes de Thyménée Veut charger mes bras caressants. {Bis,) Voilà comme on perd un empire!
Non, non, point d'hymen imprudent. (!>is. Que toujours Use ait le droit de sourire Quand je lui dis : Je suis indépendant, Je suis, je suis indépendant.
DE BEUANGER.
ti:>5