‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 113 sur 166 · SI J'ETAIS PEJIT OISEAU · texte numérisé non relu

SI J'ETAIS PEJIT OISEAU

Aiu nuiivcau de Wiluem, ou ; Il faut que Von [île doux.

Moi qui, même auprès des belles, Voudrais vivre en passager, Oue je porte envie aux ailes De l'oiseau vif et léger!

Combien d'espace il visile!

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A voltiger tout l'invite:

L'air est doux, le ciel est beau Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.

C'est alors que, Philomèle M'enseignant ses plus doux sons, J'irais de la pastourelle Accompagner les chansons.

Puis j'irais charmer Termite, Qui, sans vendre l'eau bénite.

Donne aux pauvres son manteau.

Je volerais vite, vite, vite.

Si j'étais petit oiseau.

Puis j'irais dans le bocage^ Où des buveurs en gaieté, Attendris par mon ramage, Ne boiraient qu'à la beauté.

Puis ma chanson favorite Aux guerriers qu'on déshérite Ferait chérir le hameau.

Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.

Puis j'irais sur les tourelles Où sont de pauvres captifs.

En leur cachant bien mes ailes.

Former des accords plaintifs.

L'un souri l a m-i visile;

L'autre rêve, dans son gîte, Aux champs où fut son berceau.

Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.

Puis, voulant rendre sensible Un roi qui fuirait l'ennui, Sur un olivier paisible J'irais chanter près de lui.

Puis j'irais jusqu'où s'abrite Quelque famille proscrite, Porter de l'arbre un rameau.

Je volerais vite, vite, vite, Si j'étais petit oiseau.

Puis, jusques où naît l'aurore, Vous, méchants, je vous fuirais, A moins que l'amour encore Ne me surprît dans ses rets.

Que sur un sein qu'il agite Ce chasseur, que nul n'évite.

Me dresse un piège nouveau.

J'y volerais vite, vite, vite.

Si j'étais petit oiseau.

DE liÉliANGER. 207

LE BON VIEILLAUD

AïK : Coiil entons-nous d'une simple hoiiteillc.

Joyeux enfants, vous que Bacclius rassemble,

Par vos chansons vous m'attirez ici.

Je suis bien vieux; mais en vain ma voix tremble

Accueillez-moi^ j'aime à chanter aussi.

Du temps passé j'apporte des nouvelles;

J'ai bu jadis avec le bon Panard.

Amis du vin, de la gloire et des belles,

Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

De me fêterj eh quoi! chacun s'empresse; A ma santé coule un vin généreux.

Ce doux accueil enhardit ma vieillesse : Je crains toujours d'attrister les heureux. Que les plaisirs vous couvrent de leurs ailes ; Avec le temps vous compterez plus tard. Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

Ainsi que vous j'ai vécu de caresses; Yos grands'mamans diraient si je leur plus; J'eus des châteaux, des amis, des maîtresses : Amis, châteaux, maîtresses, ne sont plus. tiCS souvenirs me sont restés (idèles;

Aussi parfois je soupire à l'écart.

Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux clinnsons d'un vieillard.

Dans nos discords j'ai fiut plus d'un naufrage, Sans fuir jamais la France et son doux ciel ; Au peu de vin que m'a laissé l'orage L'orgueil blessé ne mêle point de fiel. J'ai chanté même, aux vendanges nouvelles, Sur des coteaux dont j'eus longtemps ma part. Amis du vin, de la gloire et des belles. Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

Vieux compagnons des guerriers d'un autre âge, Comme Nestor je ne vous parle pas.

De tous les jours où brilla mon courage J'achèterais un jour de vos combats.

Je l'avouerai, vos palmes immortelles M'ont rendu cher un nouvel étendard.

Amis du vin, de la gloire et des belles, Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

Sur vos vertus quel avenir se fonde!

Enfants, buvons à mes derniers amours.

La liberté va rajeunir le monde; Sur mon tombeau brilleront d'heureux jours. D'un beau printemps, aimables hirondelles. J'ai pour vous voir différé mon départ. Amis du vin, de la gloire et des belles. Daignez sourire aux chansons d'un vieillard.

DE BÉRANGEll. 260

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