‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 120 sur 166 · LE RETOUR DANS LA PATRIE · texte numérisé non relu

LE RETOUR DANS LA PATRIE

Aux : Suzon sortaîit fie sou village.

Ou' il va lentement, le navire A qui j'ai confié mon sort!

Au rivage où mon cœur aspire Qu'il est leivt à trouver im port!

* Lonl Wellington, lors de renlèvement des cliofs-dViivro du Mi^éf prétendit qne nous rivions hesoin d'nne Ifcnv morah'.

1)1] BÉHÂN(;i:i;. 'îs'

FiMiico adorée !

Douce contrée!

Mes yeux cent fois onl cru te découvrir. Qu'un vent rapide Soudain nous guide Aux bords sacrés où je reviens mourir. \ Mais enfin le matelot crie :

Terre, terre, là-bas, voyez!

Ali ! tous mes maux sont oubliés. Salut à ma patrie! (Ter,)

Oui, voilà les rives de France; Oui, voilà le port vaste et sur, Voisin des champs où mon enlaiice S'écoula sous un chaume obscui'.

France adorée !

Douce contrée!

Après vingt ans enfin je te revois; De mon village Je vois la plage.

Je vois fumer la cime de nos toits.

Combien mon âme est attendrie !

Là furent mes premiers amours; Là ma mère m'attend toujours.

Salut à ma patrie!

Loin de mon berceau, jeune encore, L'inconstance emporta mes pas Jusqu'au sein des mers où l'aurore Sourit aux plus riches climats.

France adorée!

Douce contrée!

Dieu le devait leurs fécondes chaleurs.

Toute l'année, Là, brille ornée De fleurs, de fruits, et de fruits et de fleurs Mais, là, ma jeunesse flétrie Rêvait à des climats plus cliers ; Là, je regrettais nos hivers.

Salut à ma patrie!

J'ai pu me faire une famille, Et des trésors m'étaient promis.

Sous un ciel où le sang pétille, A mes vœux l'amour fut soumis.

France adorée!

Douce contrée!

Que de plaisirs quittés pour te revoir! Mais sans jeunesse, Mais sans richesse, Si d'être aimé je dois perdre l'espoir, De mes amours dans la prairie Les souvenirs seront présents ; C'est du soleil pour mes vieux uns.

Salut à ma patrie !

Poussé chez des peuples sauvages Qui m'offraient de régner sur eux, .l'ai su défendre leurs rivages Contre des ennemis nombreux.

DE BÉUANCiER. 2.^9

France adorée!

Douce contrée !

Tes champs alors gémissaient envahis.

Puissance et gloire, Gris de victoire, liien n'étouffa la voix de mon ]3ays.

De tout quitter mon cœm^ me prie :

Je reviens pauvre, mais constant.

Une bêche est là qui m'attend.

Salut h ma patrie!

Au bruit des transports d'allégresse, Enfin le navire entre au port.

Dans cette barque où l'on se presse, Hâtons-nous d'atteindre le bord.

France adorée!

Douce contrée !

Puissent tes fils te revoir ainsi tous! Enfin j'arrive.

Et, sur la rive.

Je rends au ciel, je rends grâce à genoux. Je t'embrasse, ô terre chérie!

Dieux! qu'un exilé doit souffrir!

Moi, désormais je puis mourir!

Salut à ma patrie! (Ter,)

ôl

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