‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 131 sur 166 · LES REVERENDS PERES · texte numérisé non relu

LES REVERENDS PERES

DÉCEMBRE 1819 * AïK : Bonjour, mon ami Vincent.

Hommes noirs, d'où sortez-vous?

Nous sortons de dessous terre.

Moitié renards, moitié loups, Notre rèole est un mvstère.

Nous sommes fils de Loyola ; Vous savez pourquoi l'on nous exila.

Nous rentrons ; songez à vous taire !

Et que vos enfants suivent nos leçons.

C'est nous qui fessons, Et qui refessons Les jolis petits, les jolis garçons.

lin pape nous abolit** :

Il mourut dans les coliques.

* A cette époque, les jésuites avaient déjà liiit irruption partout, et voulaient s'emparer de rinstruction publique.

** Clément XIV, qui mourut un an après le renversement des jésuites, lion sans de \ iolentes prt'somptions d'em|)oisonnement.

])\i brkan(;i^:k. ôit

Un pape nous rctnblit* : Nous en ferons des reliques.

Confessons, pour être absolus :

lli^nri Quatre est mort, qu'on n'en parle plus.

Vivent les rois bons catboliques !

Pour Ferdinand Sept nous nous prononcions. Et puis nous fessons, Et nous refessons Les jolis petits, les jolis garçons.

Par le grand homme du jour Nos maisons sont protégées.

Oui, d'un baptême de cota" Voyez en nous les dragées**.

Le favori, par tant d'égards.

Espère acquérir de pieux mouchards.

Encor quelques lois de changées, Et, pour le sauver, nous le renversons. Et puis nous fessons^ Et nous refessons Les jolis petits, les jolis garçons.

Si tout ne changeait dans peu, Si l'on croyait la canaille, La Charte serait de feu, Et le monarque de paille.

Nous avons le secret d'en haut :

La Charte de paille est ce qu'il nous faut.

* Pic VII.

M. le tluc l) venait (robtenir riiouueur (Fa voir la ducliessc

<rAii{40ulèuje pour iiuii'i'aiiie de son lils.

C'est litière pour la prêtraille :

Elle aura la dîme, et nous les moissons.

Et puis nous fessons,

Et nous refessons Les jolis petits, les jolis garçons.

Du fond d'un certain palais Nous dirigeons nos attaques.

Les moines sont nos valets • On a refait leurs casaques.

Les missionnaires sont tous -

Commis voyageurs trafiquant pour nous.

Les capucins sont nos Cosaques :

A prendre Paris nous les exerçons*.

Et puis nous fessons, Et nous refessons Les jolis petits, les jolis garçons.

Enfin reconnaissez-nous Aux âmes déjà séduites.

Escobar va sous nos coups Voir vos écoles détruites.

Au pape rendez tous ses droits ; Léguez-nous vos biens et portez nos croix.

Nous sommes, nous sommes jésuites; Français, tremblez tous : nous vous bénissons! Et puis nous fessons, Et nous refessons Les jolis petits, les jolis garçons.

On voyait surgir des capucins dans plusieurs dopartenu'uts, cl quel qucs-uns tentèrent de se montrer a Paris;

Page 1