‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 135 sur 166 · LES ROSSIGNOLS · texte numérisé non relu

LES ROSSIGNOLS

Aiii : Cefst à mon maître en ïart de plaire.

La nuit a ralenti les heures;

Le sommeil s'étend sur Paris.

Charmez Técho de nos demeures,

Eveillez-vous, oiseaux chéris.

Dans ces instants où le cœur pense,

Heureux qui peut rentrer en soi !

De la nuit j'aime le silence :

Doux rossignols, chantez pour moi. [Bh,)

Doux chantres de T amour hdèl(% De Phryné fuyez le séjour :

Phryné rend chaque nuit nouvelle Complice d'un nouvel amour.

En vain des baisers sans ivresse Ont scellé des serments sans foi ; Je crois encore à la tendresse :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Pour vous il n'est point de Zoïle; Mais croyez-vous, par vos accords,

Toucher l'avaro au cœur stérile, Oui compte à présent, ses trésors?

Quand la nuit, favorable aux ruses, Pour son or le remplit d'effroi.

Ma pauvreté sourit aux Muses : Doux rossignols, chantez pour moi.

Vous qui redoutez T esclavage.

Ah ! refusez vos tendres airs A ces nobles qui, d'âge en âge, Pour en donner portent des fers.

Tandis qu'ils veillent en silence Debout, auprès du lit d'un roi.

C'est la liberté que j'encense :

Doux rossignols, chantez pour moi.

Mais votre voix (h^vient plus vive :

Non, vous n'aimez pas les méchants.

Du printemps le parfum m'arrive

Avec la douceur de vos chants.

La nature, plus belle encore.

Dans mon cœur va graver sa loi.

J'attends le réveil de l'aurore :

Doux rossignols, chantez pour moi. (Bis.)

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