LE VIEUX DRAPEAU
Air : FAle aime a rire, elle aime à boire.
De mes vieux compagnons de gloire Je viens de me voir entouré; Nos souvenirs m'ont enivré, Le vin m'a rendu la mémoire.
Fier de mes exploits et des leurs, J'ai mon drapeau dans ma chaumière.
Quand secouerai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs?
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DE BÉRANGEU. 547
Il est caché sous l'humble paille Où je dors, pauvre et mutilé, Lui qui, sûr de vaincre, a volé Vingt ans de bataille en bataille!
Chargé de lauriers et de fleurs, Il brilla sur l'Europe entière.
Quand secouerai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs?
Ce drapeau payait à la France Tout le sang qu'il nous a coûté; Sur le sein de la Liberté Nos fils jouaient avec sa lance.
Qu'il prouve encore aux oppresseurs Combien la gloire est roturière.
Quand secouerai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs?
Son aigle est resté dans la poudre, Fatigué de lointains exploits.
Rendons-lui le coq des Gaulois :
Il sut aussi lancer la foudre.
La France, oubliant ses douleurs, Le rebénira, libre et fière.
Quand secouerai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs?
Las d'errer avec la Victoire, Des lois il deviendra l'appui.
Chaque soldat fut, grâce à lui, Citoyen aux bords de la Loire.
r).4R CHANSONS
Seul il peiU voiler nos malheurs; Déployons-le sur la frontière.
Quand secouerai-je la poussière Qui lernit ses nobles couleurs?
Mais il est là près de mes armes ;
Un instant osons l'entrevoir.
Viens, mon drapeau, viens, mon espoir!
C'est à toi d'essuyer mes larmes.
D'un guerrier qui verse des pleurs
Le ciel entendra la prière.
Oui, je secouerai la poussière
Qui ternit tes nobles couleurs !
LA
MAROUISE DE PKETINTAILLE
Air ; J' veux être un chien, etc.
Marquise à trente quartiers pleins.
J'ai pris mes droits sur les vilains; En amour j'aime la canaille.
D'un ton fier je leur dis : Venez.
Mais sous mes rideaux blasonnés, Vils roturiers.
Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.
DE BERÂNGRK. U^
Sacrifîerais-je à mes attraits Des gentilshommes damerets Qui n'ont ni carrure ni taille?
Non; mais j'accable cent gredins De mes feux et de mes dédains.
Yils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.
Je veux citer les plus marquants, Bien qu'après coup tous ces croquants Osent me traiter d'antiquaille :
Je ne suis aux yeux des malins Qu'une savonnette à vilains.
Vils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.
Mon laquais était tout porté; ' '; Mais il parle d'égalité; De mes parchemins il se raille.
Paix ! lui dis-je, et traite un peu mieux Ce que je tiens de mes aïeux.
Vils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.
Arrive., après, mon confesseur :
Du parti sacré défenseur, Il serre de près son ouaille.
Avec moi son front virginal
o50 CHANSONS
Vise au chapeau de cardinal.
Vils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.
Je veux corrompre un député :
Pour l'amour et la liberté Il était plus chaud qu'une caille.
L'aveu que ma bouche octroya Mit les droits de l'homme à quia.
Vils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.
Mon i'ermier, butor bien nerveux, Dont la charte a comblé les vœux , Dénigrait la glèbe et la taille; Mais je lui fis voir à loisir Tout ce qu'on gagne au boa plamr Vils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.
J'oubliais certain grand coquin.
Pauvre officier républicain, Rrave au lit comme à la mitraille :
J'ai vengé sur ce possédé Charette, Cobourg et Condé.
Vils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.
DE BÉUANGER. 551
Mes privilèges s'éteindraient Si nos étrangers ne rentraient.
A ma note aussi je travaille *.
En attendant, forçons le roi De solder les Suisses pour moi.
Yils roturiers, Respectez les quartiers De la marquise de Pretintaille.