L'ORAGE
Air. : (Vt'st V amour, V amour.
Chers enfants, dansez, dansez !
Votre âge Echappe à l'orage; Par l'espoir gaiement bercés, Dansez, chantez, dansez!
A l'ombre de vertes charmilles, Fuyant l'école et les leçons ,
Petits garçons, petites filles, Vous voulez danser aux chansons.
En vain ce pauvre monde Craint de nouveaux malheurs ; En vain la foudre gronde, Couronnez-vous de fleurs.
Cliers enfants, dansez, dansez î Votre âge Echappe à l'orage; Par Tespoir gaiement bercés.
Dansez, chantez, dansez!
L'éclair sillonne le nuage,
Mais il n'a point fra])pé vos yeux.
L'oiseau se tait dans le feuillage;
Rien n'interrompt vos chants joyeux.
J'en crois votre allégresse :
Oui, bientôt d'un ciel pur Vos veux, brillants d'ivresse, Piéfléchiront l'azur.
Chers enfants, dansez, dansez !
Votre âge Echappe à l'orage ; Par Pespoir gaiement bercés.
Dansez, chantez, dansez!
Vos pères ont eu bien des peines ; Comme eux ne soyez point trahis.
DE BÉUANGEH. ,^71
D'une main ils brisaient leurs chaînes, De l'autre ils vengeaient leur pays.
De leur char de victoire
Tombés sans déshonneur,
Ils vous lèguent la gloire :
Ce fut tout leur bonheur.
Ghers entants, dansez, dansez Votre âge Échappe à l'orage ; Par l'espoir gaiement bercés, Dansez, chantez, dansez!
Au bruit de lugubres fanfares, Hélas! vos yeux se sont ouverts.
C'était le clairon des barbares Qui vous annonçait nos revers.
Dans le fracas des armes, Sous nos toits en débris, Vous mêliez à nos larmes Yotre premier souris.
Chers enfants, dansez, dansez Votre âge Echappe à l'orage ; Par l'espoir gaiement bercés.
Dansez, chantez, dansez !
Vous triompherez des tempêtes Où notre courage expira :
C'est en éclatant sur nos têtes Que la foudre nous éclaira.
Si le Dieu qui vous aime
Crut devoir nous punir,
Pour vous sa main ressème
Les champs de l'avenir.
Chers enfants, dansez, dansez!
Votre âge Echappe à l'orage ; Par l'espoir gaiement bercés, Dansez, chantez, dansez!
Enfants, l'orage, qui redouble, Du Sort présage le courroux.
Le Sort ne vous cause aucun trouble, Mais à mon âge on craint ses coups.
S'il faut que je succombe En chantant nos malheurs, Déposez sur ma tombe Vos couronnes de fleurs.
(Jhers enfants, dansez, dansez!
Votre âge
Echappe à l'orage; Par l'espoii' gaiement bercés,
Dansez, chantez, dansez!
Il 'Gm^ B\A^\
l'ciTolin, Editeur .
DE BÉRANGEH. Ô75