‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 153 sur 166 · EN STYLE DU OEAP · texte numérisé non relu

EN STYLE DU OEAP

Air (Je toutes les conijih/iiiU'.s.

Venez tous, bons catholiques, lésujtes, grands et petits,

* Los chansons do TresUiiUou, (U^ NahucJiodouosor, de la blesse du Saint-Esprit, do la Garde nationale otdn Nouvel Ordre du jour n oui

Et vous, nouveaux convertis, Yous, nos meilleures pratiques, Venez dire un in pace Pour un héros trépassé.

Bénissons tous la mémoire De monsieur de Trestaillon.

De la Restauration Lui seul ayant fait la gloire, Sa mort, vrai malheur public, Est un fâcheux pronostic.

Portefaix cité dans Nîmes Pour sa douce piété, D'assassin il fut traité Par de brutales victimes, Quand son bi'as sur tel ou tel Vengea le trône et l'autel.

Souvent ivre de rogomme,

Ou surpris en mauvais lieu ,

Pour rester pur devant Dieu,

Tous les huit jours, ce digne homme

Communiait saintement,

Soit à jeun, soit autrement.

jamais paru dans les recueils publiés par Béranger, aux époques qui correspondent à leur date. Habitué dès lors sans doute à traiter la politique sur un ton plus élevé, il n'a regardé ces productions que comme un tribut fugitif payé à la circonstance. Mais, ces chansons ayant fait rechercher les contrefaçons, si multipliées en France et à l'étranger, Téditeiu' actuel s'est vu dans Tobligation, malgré le désir qu'il a de complaire à fauteur, de faire entrer dans cette édition et ces cinq chansons et celles des Papes, qui, lorsqu'elles ont été répandues, avaient aussi un but politique. {Note de l'Éditeur.)

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Fort de sa cocarde blanche, A tuer des protestants Il consacrait tout son temps, Sans excepter le dimanche ; Car il s'était procuré Des dispenses du curé.

Miracle ! En vain il s'amuse A massacrer en plein jour; Traduit devant une cour.

Aucun témoin ne l'accuse.

Les juges au prévenu Disent : Ni vu ni connu.

Riche alors de mainte somme Qui lui venait de bien haut, Il buvait frais au temps chaud, Vivant en bon gentilhomme.

Et chacun avait grand soin De le saluer de loin.

Mais la mort rien ne respecte :

Elle veint nous le ravir, Quand il pouvait nous servir Contre tous ceux qu'on suspecte.

Il meurt en disant : Corbleu !

J'aurais été cordon bleu.

Des nobles portent sa bière ;

Nos magistrats sont en deuil;

Le clergé, la larme à l'œil, Marche avec croix et bannière.

Ainsi Ton ne dira pas Que les prêtres sont ingrats.

On vient d'écrire au sainl-père Pour (ju'il soit canonisé.

Quoique ce soit bien usé, Dans peu l'on verra, j'espère, Nos loups, chassant les brebis, Lui dire : Ora pro nobh!

En attendant ses reliques, Qu'à Montrouge on bénira, Ses exploits on donnera En exemple aux catholiques, Atin que sans examen Chacun d'eux l'imite. Amen.

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