‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 59 sur 166 · LA BOUTEILLE VOLÉE · texte numérisé non relu

LA BOUTEILLE VOLÉE

Air : La fête des bonnes gens.

Sans bruit, dans ma retraite.

Hier l'amour pénétra,

Courut à ma cachette.

Et de mon vin s'empara.

Depuis lors ma voix sommeille; Adieu tous mes joyeux sons.

3t> CHANSONS

Amour, rends-moi ma bouteille, Ma bouteille et mes chansons.

Iris, dame et coquette, A ce larcin l'a poussé.

Je n'ai plus la recette Qui soulage un cœur blessé.

C'est pour gémir que je veille.

En proie aux jaloux soupçons.

Amour, rends-moi ma bouteille, Ma bouteille et mes chansons.

Epicurien aimable, A verser frais m'invitanl,

Un vieil ami de table Me tend son verre en chantant; Un autre vient à l'oreille Me demander des leçons.

Amour, rends-moi ma bouteille, Ma bouteille et mes chansons.

Tant qu'Iris eut contre elle Ce bon vin si regretté,

Grisette folle et belle Tenait mon cœur en gaieté.

Lison n'a point sa pareille Pour vivre avec des «garçons.

Amour, rends-moi ma bouteille, Ma bouteille et mes chansons.

Mais le filou se livre.

Joyeux, il vient à ma voix;

Dl^] BÉRANGI^:H. 135

De mon vin il est ivre, Et n'en a bu que deux doigts.

Qu'Iris soit une merveille, Je me ris de ses façons :

Amour me rend ma bouteille, !VIa bouteille et mes chansons.

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