‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 85 sur 166 · LES DEUX SŒURS DE CHARITE · texte numérisé non relu

LES DEUX SŒURS DE CHARITE

Am (le la Treille de sincérilé.

Dieu lui-même Ordonne qu'on aime.

Je vous le dis, en vérité :

Sauvez-vous par la charité. [Bh,)

Vierge défunte , une sœur grise Aux portes des cieux rencontra Une beauté leste et bien mise Qu'on regrettait à l'Opéra. [Bis.) Toutes deux, dignes de louanges, Arrivaient après d'heureux jours.

L'une sur les ailes des anges. L'autre dans les bras des Amours.

Dieu lui-même Ordonne qu'on aime.

Je vous le dis, en vérité :

Sauvez-vous par la chanté.

Là-haut, saint Pierre en sentinelle.

Après un Ave pour la sœur, Dit à l'actrice : On peut, ma belle, Entrer chez nous sans confesseur.

Elle s'écrie : Ah ! quoique bonue, Mon corps à peine est inhumé!

Mnis qu'a mon curé Dieu pardonne; Hélas ! il n'a jamais aimé.

Dieu lui-même Ordonne qu'on aime.

Je vous le dis en vérité :

Sauvez-vous par la charité.

Dans les palais et sous le chaume^ Moi, dit la sœur, j'ai de mes mains Distillé le miel et le baume Snrles souffrances des humains.

Moi, qui subjuguais la puissance.

Dit l'actrice, j'ai bien des fois Fait savourer à l'indigence La coupe où s'enivraient les rois.

Dieu lui-même Ordonne qu'on aime.

Je vous le dis, en vérité :

Sauvez-vous par la charité.

Oui, reprend la sainte colombe, Mieux qu'un ministre des autels, A descendre en paix dans la tombe Ma voix préparait les mortels.

Offrant à ceux qui m'ont suivie, Dit la nymphe, une douce erreur. Moi, je faisais clu^rir la vie :

*• Le plaisir fait croire au bonheur.

DE BÉRAiNGER. 195

Dieu lui-même Ordonne qu'on aime.

Je vous le dis en vérité :

Sauvez-vous par la cliariié.

Aux bons cœurs, ajoute la nonne, Quand mes prières s'adressaient, Du riche je portais l'aumône Aux pauvres, qui me bénissaient.

Moi, dit l'autre, par la détresse Voyant l'honnête homme abatlu.

Avec le prix d'une caresse Cent fois j'ai sauvé la vertu.

Dieu lui-même Ordonne qu'on aime.

Je vous le dis en vérité :

Sauvez-vous par la charité.

Entrez, entrez, ô tendres l'emmes!

Répond le portier des élus :

La charité remplit vos âmes ; Mon Dieu n'exige rien de plus. {Bis.) On est admis dans son empire, Pourvu qu'on ait séché des pleurs.

Sous la couronne du martyre, Ou sous des couronnes de fleurs.

Dieu lui-même Ordonne qu'on aime.

Je vous le dis en vérité :

Sauvez-vous par la charité, (/l/.s.)

.94 CDANSOiNS

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