L'HIVER
Air : Une fille est un oiseau.
Les oiseaux nous ont quittés ; Déjà l'hiver, qui les chasse, Etend son manteau de glace Sur nos champs et nos cités.
A mes vitres scintillantes
^ ^ J V lE: LFi
vlill-ll!
n-de-ltl (aiaidrt.lû laru'
DE BÉRANGEli. 109
Il trace des fleurs brillantes ;
Il rend mes portes bruyantes,
Et fait grelotter mon chien.
Réveillons, sans plus attendre,
Mon feu qui dort sous la cendre.
Chauffons-nous, chauffons-nous bien. [Bis.)
0 voyageur imprudent !
Retourne vers ta famille.
J'en crois mon feu qui pétille :
Le froid devient plus ardent.
Moi, j'en puis braver l'injure : Rose, en douillette, en fourrure, Ici, contre la froidure, Vient m'offrir un doux soutien.
Rose, tes mains sont de glace; Sur mes genoux prends ta place.
Chauffons-nous, chauffons-nous bien.
L'ombre s'avance, et la nuit Roule son char sur la neige.
Rose, l'amour nous protège :
C'est pour nous que le jour fuit.
Mais un couple nous arrive ; Joyeux ami, beauté vive.
Entrez tous deux sans qui-vive :
Le plaisir n'y perdra rien.
Moins de froid que de tendresse.
Autour du feu qu'on se presse.
Chauffons-nous^ chauffons-nous bien*
^iOO CHANSONS
Les caresses ont cessé
Devant la lampe indiscrète.
Un festin, que Rose apprête,
Gaiement par nous est dressé.
Notre ami s'est fait à table
D'un brigand bien redoutable
Et d'un spectre épouvantable
Le fidèle historien.
Tandis que le punch s'alJume,
Beau du feu qui le consume,
Chauffons -nous, chauffons-nous bien.
Sombre hiver, sous Les glayoïis
Ensevelis la nature;
Ton aquilon, qui murmure,
Ne peut troubler nos chansons.
iNotre esprit, qu'amour seconde.
Au coin du feu crée un monde
Ou'un doux ciel toujours féconde,
Où s'aimer tient lieu de bien.
Que nos portes restent closes,
l*]t, jusqu'au retour des roses,
Chauffons-nous, chauffons-nous bien. (Bis.)
[){'] liKIiANGKIi. -201