‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 90 sur 166 · MA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

MA RÉPUBLIQUE

Ain : VaiidevUlc de la Petite GoKveniaitfr.

J'ai pris goût à la Iicpiiblique Depuis que j'ai vu tant de rois.

Je m'en fais une, et je m'applique A lui donner de bonnes lois.

On n'y commerce que pour boire, On n'y juge qu'avec gaieté; Ma table est tout son territoire ; Sa devise est la liberté.

Amis, prenons tous notre verre :

Le sénat s'assemble aujourd'hui.

D'abord, par un arrêt sévère,

A jamais proscrivons l'ennui.

Ouoi ! proscrire? Ah! ce mot doit être

Inconnu dans notre cité.

Chez nous l'ennui ne pourra naître :

Le plaisir suit la liberté.

Du luxe, dont elle est blessée, La joie ici défend l'abus; Point d'entraves à la pensée, Par ordonnance de Bacchus.

l)i: Bh:UANGER. 205

A son gré que chacun professe Le culte de sa déité; Qu'on puisse aller même à la messe :

Ainsi le veut la liberté.

La noblesse est trop abusive :

Ne parlons point de nos aïeux .

Point de titre, même au convive

Qui rit le plus ou boit le mieux.

Et, si quelqu'un, d'humeur traîtresse,

Aspirait à la royauté,

Plongeons ce César dans l'ivresse.

Nous sauverons la liberté.

Trinquons à notre république Pour voir son destin affermi.

Mais ce peuple si pacifique Déjà redoute un ennemi :

C'est Lisette qui nous rappelle Sous les lois de la volupté.

Elle veut régner, elle est belle :

C'en est fait de la liberté.

m; CHANSONS

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