‹ uvres complètes de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 95 sur 166 · DES RUSSES, DES AUTRICHIENS ET DES PRUSSIENS A J'AKIS · texte numérisé non relu

DES RUSSES, DES AUTRICHIENS ET DES PRUSSIENS A J'AKIS

oO MARS 1SJn Air des Trois Cousines.

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus lit le bonheur; Beau jour, qui vint rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur!

Chantons ce jour cher à nos belles, Où tant de rois par leurs succès Ont puni les Français rebelles Et sauvé tous les bons Français.

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus fit le bonheur; Beau jour, qui vint rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur!

Les étrangers et leurs coliortes Par nos vœux étaient appelés*

Qu'aiséiiieiit ils oiivraiciil les porlcs Doiil nous avions livré les clés!

Jour de paix, jour de délivrance, ijui des vaincus lil le boidieui'; Beau jour, ([ui vint rendre à la Fi'ance La cocarde blauclie et riionneur!

Sans ce jour, (|ui pouvait répondre (Jue le ciel 7 comblant nos malheurs, N'eût point vu sur la Tour de Londie Flotter entin les (rois couleurs?

Jour de paix, jour de délivrance, (}m des vaincus lil le bonheur; Beau jour, (jui vint rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur î

On répétera dans l'histoire Qu'aux pieds des Cosaques du Don, Pour nos soldats et pour leur gloire, Nous avons demandé pardon.

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus lit le bonheur; Beau jour, qui viirt rendre à la Fi'ance La cocarde blanche et l'honneur!

Appuis de la uoblesse antique.

Buvons, après tant de dangei's, flans ce l'cpas patriotique, Au trioniphe des étrangers.

DE BEUANC.i:ii. 'n-

Jour de paix, jour de délivrance, Qui des vaincus fil le bonheur; Beau jour, qui vint rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur !

Enlin, pour sa clémence extrême, Buvons au plus grand des Henris, A ce roi qui sut par lui-même Conquérir son trône et Paris.

Jour de paix, jour de délivrance, (Jui des vaincns lit le bonheur; Beau jour, qui vint rendre à la France La cocarde blanche et l'honneur!

MON HABrr

Air du vaudeville de Décence.

Sois-moi lidèle, ô pauvre habit que j'aime!

Ensemble nous devenons vieux.

Depuis dix ans je te brosse moi-même,

Et Socrate n'eût pas fait mieux.

Quand le sort à ta mince étoffe

Livrerait de nouveaux combats, Imite-moi, résiste en philosophe :

Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

i?t>ti CHANSONS

Je me souviens, car j'ai bonne méniuire.

Du premier jour où je te mis.

C'était ma fête, et^ jjour comble de ^loiie,

Tu fus chanté piir mes amis.

fon indigence^ qui m'honore,

Ne m'a point banni de leurs bras.

Tous ils sont prêts à nous fêter encore : Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

A loi) revers j'admire une reprise;

(^est encore un doux souvenir.

Feignant un soir de fuii' la tendre Lis<',

Je sens sa main me retenir.

0)1 te déchire, et cet outrage

Auprès d'elle enchaîne mes pas.

Lise(t(î a mis deux jours à tant d'ou\rag<' : Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

r'ai-je imprégné des Ilots de musc et d'ambre Qiriui fat exhale en se mirant?

i\J'a-t-on jamais vu dans une antichambre T' exposer au mépris d'un grand?

Pour des rubans la France entière Fut en proie à de longs débats;

La lleu)' des champs l)rille à ta boutonnière 1

Mon vieil ami^ ne nous séparons pas,

Ne crains plus lanl ces jours de courses vaines

Où notre destin fut pareil ; (Jes jours mêlés de plaisirs el de peines ,

Mêlés de pluie et de soleih

ZZrt

DE BKHANGER. 22

Je dois bientôt, il me le semble,

Mettre pom' jamais habit bas.

Attends un peu; nous finirons ensemble:

Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

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