‹ uvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 115 sur 174 · AUTEUR · texte numérisé non relu

AUTEUR

DU BON SENS D'UN HOMME DE RIEN» Am : Celle chaumlere-là vaut un palais,

Malheur! malheur aux commis!

A nous bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Il est minuit. Çà! qu'on me suive, Hommes, pacotille et mulets.

Marchons, attentifs au qui-vive.

Armons fusils et pistolets.

Les douaniers sont en nombre;

Mais le plomb n'est pas cher;

Et l'on sait que dans l'ombre

Nos balles verront clair.

Malheur! malheur aux commis!

A nous bonheur cl richesse!

GD^ÏIJ ^lUJ^UJ^ -

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis ; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Camarades, la noble vie!

Que de hauts faits à publier !

Combien notre belle est ravie Quand l'or pleut dans son tablier!

Château, maison, cabane,

Nous sont ouverts partout;

Si la loi nous condamne,

Le peuple nous absout.

Malheur! malheur aux commis!

A nous bonheur et richesse !

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Bravant neige, froid, pluie, orage, Au bruit des torrents nous dormons.

Ah! qu'on aspire de courage Dans l'air pur du sommet des monts I

Cimes à nous connues,

Cent fois vous nous voyez

La tête dans les nues

Et la mort sous nos pieds.

Malheur! malheur aux commis!

A nous bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Aux échanges l'homme s'exerce; Mais l'impôt barre les chemins.

Passons : c'est nous qui du commerce Tiendrons la balance en nos mains.

Partout la Providence

Veut, en nous protégeant,

Niveler l'abondance,

Éparpiller l'argent.

Malheur ! malheur aux commis !

A nous bonheur et richesse!

Le peuple a nous s'intéresse :

11 est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis,

Nos gouvernants, pris de vertige, Des biens du ciel triplant le taux, Font mourir le fruit sur sa tige, Du travail brisent les marteaux.

Pour qu'au loin il abreuve

Le sol et l'habitant,

Le bon Dion crée un fleuve; Ils en font un étang.

Malheur! malheur aux commis!

A nous bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Jl est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis ; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

Quoi ! l'on veut qu'uni de langage, Aux mêmes lois longtemps soumis, Tout peuple qu'un traité partage Forme deux peuples d'ennemis!

Non; grâce à notre peine,

Ils ne vont pas en vain

Filer la même laine,

Sourire au même vin.

Malheur! malheur aux commis!

A nous bonheur et richesses!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

A la frontière où l'oiseau vole, Rien ne lui dit : Suis d'autres lois.

L'été vient tarir la rigole Qui sert de limite à deux rois.

Prix du sang qu'ils répandent, Là, leurs droits sont perçus.

Ces bornes qu'ils défendent, Nous sautons par-dessus.

Malheur! malheur aux commis!

A nous bonheur et richesse !

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

On nous chante dans nos campagnes, Nous, dont le fusil redouté En frappant l'écho des montagnes, Peut réveiller la liberté.

Quand tombe la patrie

Sous des voisins altiers,

Mourante elle s'écrie :

À moi, contrebandiers!

Malheur! malheur aux commis !

A nous bonheur et richesse!

Le peuple à nous s'intéresse :

Il est de nos amis.

Oui, le peuple est partout de nos amis; Oui, le peuple est partout, partout de nos amis.

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