‹ uvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 165 sur 174 · PONIATOWSKI · texte numérisé non relu

PONIATOWSKI

Joseph Poniatowski, neveu du dernier roi de Pologne, né en 1760, servit glorieusement dans les armées françaises depuis 1806 jusqu'à J 813. Après la bataille de Leipsig, Napoléon l'éleva au grade de maréchal d'Empire, et lui donna le commandement d'un corps de Polonais et de Français, à la tète duquel il fit des prodiges de valeur. Le 18 octobre, les ponts de l'Elster ayant été détruits pour couvrir notre retraite, Poniatowski, resté à l' arrière-garde et pressé de toutes parts par les troupes ennemies, rejette les propositions que leurs généraux lui font faire. Dangereusement blessé, il s'écrie : Dieu ma confié V honneur des Polonais, je ne le remettrai qiïà Dieu. 11 tente de s'ouvrir un passage à travers le fleuve ; mais, épuisé de sang et entraîné par les flots, il disparaît englouti. Ce n'est que quelques jours après que son corps fut trouvé sur les bords de l'Elster.

Cette chanson, celles de Hâtons-nous! du 14 juillet 1829, et A mes amis les ministres, furent publiées en 1851 , au profit du comité polonais. Elles étaient précédées d'une dédicace au général La Fayette, président de ce comité, et premier grenadier de la garde nationale de Varsovie. Dans la dédicace, trop longue pour être rapportée ici, se trouvaient deux couplets qu'on me saura gré peut-être de donner, parce qu'ils sont un hommage au héros des deux Mondes.

Sa vie entière est comme un docte ouvrage

Par la vertu transcrit, conçu, dicté.

La gloire y brille ; à chaque jour sa page.

Point d'errata : tout pour la liberté.

De bien longtemps qu'à nos pleurs Dieu ne livre,

Si plein qu'il soit, le chapitre dernier,

Et qu'un seul mot constate en ce beau livre

Que le grand homme aima le chansonnier.

Comme il s'agissail de solliciter des secours d'argent pour la Pologne, j'ajoutais, sur l'air de la Sainte-Alliance des peuples :

Le Polonais, de son shako civique Ceint votre front, ce front que tant de fois Olmiïtz, Paris, l'Europe et L'Amérique Ont vu si calme intimider les rois.

Lorsque je chante honneur, gloire, souffrance, Si dans les cœurs ma voix trouve un écho, Pour recueillir l'obole de la France, Tendez votre shako.

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