‹ uvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 28 sur 174 · A MADAME CAUCHOIS-LEMAIRE · texte numérisé non relu

A MADAME CAUCHOIS-LEMAIRE

Am : J'ai vu partout dans mes voyages.

Du ciel j'arrive, et mon voyage Nous épargne à tous bien des pleurs.

Beauté folâtre autant que sage, Ne jouez plus avec les fleurs.

Sachez qu'hier, la panse ronde, Et l'œil obscurci par Bacchus, Jupin a cru dans notre monde ) n. Voir une couronne de plus. )

A la colère il s'abandonne.

« L'abus, dit-il, devient trop fortl « Encore un front que l'on couronne « Quand le faiseur de rois est mort * ! « Sur ce front lançons mon tonnerre; « Du faible enfin vengeons les droits. « Je veux voir un jour sur la terre « Les rois sujets, les sujets rois. »

Dans son conseil alors j'arrive ; (Où les rimeurs n'entrent-ils pas?)

* Napoléon.

En joue il vous met sans qui-vive; Mais je l'aborde chapeau bas.

« Jupin, de ton arrêt j'appelle; « Ta balance et tes poids sont faux : « Ta cour de justice éternelle « A-t-elle eu ses gardes des sceaux?

« Braque tes lunettes, vieux sire, « Sur le front couronné par nous; « De la candeur c'est le sourire, « De la bonté c'est l'œil si doux.

« Lorsque les carreaux de son foudre « Chez nos sourds passent pour muets, « Jupin ne mettrait-il en poudre « Qu'une couronne de bluets?

« — Oh! oli ! dit-il, qu'allais-je faire? « Ailleurs, frappons, mon foudre est chaud. « — Frappe, mais sur notre hémisphère « Vise donc plus bas ou plus haut. » Heureux d'avoir su vous défendre, J'accours des célestes donjons.

Quant à Jupin, je viens d'apprendre Qu'il a foudroyé deux pigeons.

Bis.

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