MIS EN TÊTE D'UNE ÉDITION DE MES CHANSONS G
Air : Je loge au quatrième étage.
Petit portrait de fantaisie
Mis en tête de mon recueil,
Penses-tu que par courtoisie
Le monde entier te fasse accueil? (Ilis.)
Tu peux le parer, si tu l'oses,
D'un laurier modeste et discret;
Tu peux te couronner de roses :
Non, non, lu n'es pus mon portrait.
Bis,
Jamais je ne me suis fait peindre :
Mais qui donc représentes-tu?
Peut-être un cafard qui sait feindre Jusqu'au charme de la vertu ; Un petit saint pétri de ruse Qu'à Montrouge on encenserait :
La bonne enseigne pour ma Muse !
Non, non, lu n'es pas mon portrait.
Ou serais- tu l'auteur tragique Qui calcula, rima, lima Maint rôle bien académique Qu'en vain a réchauffé Talma ?
Quoi! parer d'une noble image Mes petits vers de cabaret !
Pour l'alexandrin quel outrage!
Non, non, tu n'es pas mon portrait.
Dans ton masque à mine pincée Est-ce un vil censeur que je vois, Piat de cave de la pensée, Qu'il confisque au profit des rois?
J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait :
Tu me tiendras lieu d'estampille.
Non, non, tu n'es pas mon portrait.
Mais, ta laideur serait la mienne, Que ta gloire y gagnerait peu.
Crains même qu'un prêtre ne vienne Saintement te livrer au feu. (Bis.)
El. 17
Dans l'avenir je devrais vivre
Que de toi Ton se passerait :
Je suis bien mieux peint dans ce livre, j
Non, non, tu n'es pas mon portrait. )
Bis.