‹ uvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 60 sur 174 · MIS EN TÊTE D'UNE ÉDITION DE MES CHANSONS G · texte numérisé non relu

MIS EN TÊTE D'UNE ÉDITION DE MES CHANSONS G

Air : Je loge au quatrième étage.

Petit portrait de fantaisie

Mis en tête de mon recueil,

Penses-tu que par courtoisie

Le monde entier te fasse accueil? (Ilis.)

Tu peux le parer, si tu l'oses,

D'un laurier modeste et discret;

Tu peux te couronner de roses :

Non, non, lu n'es pus mon portrait.

Bis,

Jamais je ne me suis fait peindre :

Mais qui donc représentes-tu?

Peut-être un cafard qui sait feindre Jusqu'au charme de la vertu ; Un petit saint pétri de ruse Qu'à Montrouge on encenserait :

La bonne enseigne pour ma Muse !

Non, non, lu n'es pas mon portrait.

Ou serais- tu l'auteur tragique Qui calcula, rima, lima Maint rôle bien académique Qu'en vain a réchauffé Talma ?

Quoi! parer d'une noble image Mes petits vers de cabaret !

Pour l'alexandrin quel outrage!

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Dans ton masque à mine pincée Est-ce un vil censeur que je vois, Piat de cave de la pensée, Qu'il confisque au profit des rois?

J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait :

Tu me tiendras lieu d'estampille.

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Mais, ta laideur serait la mienne, Que ta gloire y gagnerait peu.

Crains même qu'un prêtre ne vienne Saintement te livrer au feu. (Bis.)

El. 17

Dans l'avenir je devrais vivre

Que de toi Ton se passerait :

Je suis bien mieux peint dans ce livre, j

Non, non, tu n'es pas mon portrait. )

Bis.

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