EN FORME D'IMPROMPTU
A PROPOS DE COUPLETS qui m'ont ÉTÉ ENVOYÉS PENDANT MON PROCÈS
Air du ballet des Pierrots.
On m'a dénoncé, je dénonce; Oui, je dénonce des couplets.
La gaîté de l'auteur annonce Qu'il peut figurer au Palais.
On voit, à l'air dont il vous traite, Que cent fois il vous persifla.
Messieurs les juges, qu'on arrête, Qu'on arrête cet homme-là!
Il prétend rire des entraves Qu'à la presse l'on veut donner; Il croit à la gloire des braves ; Pourriez-vous le lui pardonner?
Il ose vanter la musette Qui dans leurs maux les consola.
Messieurs les juges, qu'on arrête, Qu'on arrête cet homme-là !
Il prodigue la flatterie À ceux qui sont persécutés; Il pourrait chanter la patrie !
C'est un grand tort, vous le sentez, De l'esprit qu'à ma Muse il prête Vengez-vous sur l'esprit qu'il a.
Messieurs les juges, qu'on arrête, O'on arrête cet homme-là !