‹ uvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 3)Chapitre 95 sur 174 · MES JOURS GRAS DE · texte numérisé non relu

MES JOURS GRAS DE

A m : Dis-7)iol donc, mon j/tit Hippolyle.

Mon bon roi, Dieu vous tienne en joie ! Bien qu'en butte à votre courroux, Je passe encor, grâce à Bridoie24, Un carnaval sous les verrous.

Ici fallait-il que je vinsse Perdre des jours vraiment sacrés !

J'ai de la rancune de prince :

Mon bon roi, vous me le paîrez.

Dans votre beau discours du trône ?*,

Méchant, vous m'avez désigné.

C'est me recommander au prône ;

Aussi me suis-je résigné.

Mais, triste et seul, quand j'entends rire

Tout Paris en joyeux émoi,

Je reprends goût à la satire :

Vous me le paîrez, mon bon roi.

Voyez, verre en main, bouche pleine^ Fous déguisés de vingt façons, Mes amis m'oublier sans peine, Tout en répétant mes chansons;

Avec eux, ma verve en démence Eût perdu ses traits acérés.

J'aurais pu boire à la clémence :

Mon bon roi, vous me le paîrez.

Vous connaissez Lise la folle, Qui sur mes fers pleure d'ennui ; Ce soir même un bal la console :

« Bah ! dit-elle ; tant pis pour lui ! » J'allais, pour complaire à la belle, Nous peindre heureux sous votre loi ; Serviteur ! Lise est infidèle :

Vous me le paîrez, mon bon roi.

Dans mon vieux carquois, où font brèche Les coups de vos juges maudits, Il me reste encor une flèche ; J'écris dessus : Pour Charles Dix.

Malgré ce mur qui me désole, Malgré ces barreaux si serrés, L'arc est tendu, la flèche vole :

Mon bon roi, vous me le paîrez.

HE BÉ1UNGGR. '205

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