‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 4)Chapitre 64 sur 94 · MAUDIT PRINTEMPS · texte numérisé non relu

MAUDIT PRINTEMPS

A» : Cest à mon maitre en l'art de plaire.

Je la voyais de ma fenêtre A la sienne tout cet hiver :

Nous nous aimions sans nous œnnaltre; Nos baisers se croisaient dans Tair.

Entre ces tilleuls sans feuillage, Nous regarder comblait nos jours.

Aux arbres tu rends leur ombrage ; Maudit printemps ! reviendras-tu toujours?

Il se perd dans leur voûte obscure Cet ange éclatant qui là-bas M'apparut, jetant la pâture Aux oiseaux un jour de frimas :

Ils l'appelaient, et leur manège Devint le signal des amours.

Non , rien d'aussi beau que la neige !

Maudit printemps! reviendras-tu toujours?

Sans toi je la verrais encore, Lorsqu'elle s'arrache au repos, Fraîche comme on nous peint l'Aurore Du Jour entr'ouvrant les rideaux.

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