‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 4)Chapitre 69 sur 94 · L'IN-TRENTE-DEUX · texte numérisé non relu

L'IN-TRENTE-DEUX

Celle chanson a été Taite pour servir de Préface à Tédilion in-8** de 4828. Air du Carnaval.

Quoi, mes couplets, encore une sottise!

Osez-vous bien paraître in-octavo?

Juge, critique, et docteur de l'Église, Vont après vous s'acharner de nouveau.

L'in-trente-deux trompait l'œil du myope.

Mais vos défauts vont être tous sentis :

C'est le ciron vu dans un microscope.

Mieux vous allait de rester tout petits.

Petits, petits, oui, petits, tout petits.

Jamais je ne me suis fait peindre :

Mais qui donc représentes-tu?

Peut-être un cafard qui sait feindre Jusqu'au charme de la vertu ; Un petit saint pétri de ruse Qu'à Mont-Rouge on encenserait.

La bonne enseigne pour ma Muse !

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Ou serais-tu l'auteur tragique Oui calcula, rima, lima Maint rôle bien académique Qu'en vain a réchauffé Talma?

Quoi ! parer d'une noble image Mes petits vers de cabaret!

Pour l'alexandrin quel outrage !

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Dans ton masque à mine pincée Esirce un vil censeur que je vois, Rat de cave de la pensée Qu'il confisque au profit des rois?

J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait :

Tu me tiendras lieu d'estampille.

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

Mais ta laideur serait la mienne.

Que ta gloire y gagnerait peu.

Crains même qu'un prêtre ne vienne Saintement te livrer au feu. {bis.)

Dans l'avenir je idevrais vivre, Que de toi l'on se passerait :

Je suis bien mieux peint dans ce livre.

Non, non, tu n'es pas mon portrait.

bis.

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