‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 4)Chapitre 76 sur 94 · LE CONVOI DE PAVID · texte numérisé non relu

LE CONVOI DE PAVID

Air de Roland.

Non 9 non, vous ne passerez pas, Crie un soldat sur la frontière, A ceux qui de David, hélas!

Rapportaient chez nous la poussière.

— Soldat, disent-ils dans leur deuil, Proscrit-on aussi sa mémoire?

Quoi ! vous repoussez son cercueil , Et vous héritez de sa gloire!

CHOBUR.

Fûtr-il privé de tous les biens,

Eûtril à trembler sous un maître,

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés {bis) qui Tout vu naître! {bis.)

Non, non, vous ne passerez pas.

Dit le soldat avec furie.

— Soldat, ses yeux jusqu'au trépas Se sont tournés vers la patrie.

Il en soutenait la splendeur Du fond de Texil qui Thonore; C'est par lui que notre grandeur Sur la toile respire encore.

DE BÉRANGEB. H5

GHOBUR.

Fût-il privé de tous les biens,

Eût-il à trembler sous un maître,

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés {bis) qui Tont vu naître! {bis.)

Non, non, vous ne passerez pas, Redit plus bas la sentinelle.

— Le peintre de Léonidas Dans la liberté n'a vu qu'elle.

On lui dut le noble appareil '* Des jours de joie et d'espérance.

Où les beaux-arts à leur réveil Fêtaient le réveil de la France.

CHOBUR.

Fût-il privé de tous les biens.

Eût-il à trembler sous un maître.

Heureux qui meurt parmi les siens

Aux bords sacrés {bis) qui l'ont vu naître! {bis,)

Non, non, vous ne passerez pas, Dit le soldat; c'est ma consigne.

— Du plus grand de tous les soldats Il fut le peintre le plus digne.

A Taspect de l'aigle si fier.

Plein d'Homère et Tâme exaltée, David crut peindre Jupiter, Hélas! il peignait Prométhée.

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