‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 108 sur 323 · LES CHAMPS · texte numérisé non relu

LES CHAMPS

Air : Mes amour «toit peur lions.

Rose, partons ; voici l’aurore :

Quitte ces oreillers si doux,

Entends-tu la cloche sonore Marquer l'heure du rendez-vous?

Cherchons, loin du bruit de la ville,

Pour le bonheur un sur asile.

Viens aux champs couler d’heureux jours ; Les champs ont aussi leurs amours.

Viens aux champs fouler la verdure,

Donne le bras à ton amant ; Rapprochons-nous de la nature Pour nous aimer plus tendremeut.

Des oiseaux la troupe éveillée Nous appelle sous la feuillée.

Viens aux champs couler d’heureux jours; Les champs ont aussi leurs amours.

Nous prendrons les goûts du village ;

Le jour naissant t’éveillera :

Le jour mourant sous le feuillage A notre couche nous rendra.

Puisses-tu, maîtresse adorée,

Te plaindre encor de sa durée !

Viens aux champs couler d'heureux jours ; Les champs ont aussi leurs amours.

Quand l’été vers un sol fertile Conduit des moissonneurs nombreux ; Quand, près d’eux, la glaneuse agile Cherche l'épi du malheureux ;

Combien, sur les gerbes nouvelles,

De baisers pris aux pastourelles !

Viens aux champs couler d’heureux jours; Ixs champs ont aussi leurs amours.

Quand des corbeilles de l’automne S’épanche à flots un doux nectar,

Près de la cuve qui bouillonne On voit s'égayer le vieillard;

Et cet oracle du village Chante les amours d'un autre âge.

Viens aux champs couler d’heureux jours ; Les champs ont aussi leurs amours.

Allons visiter des rivages

Que tu croiras des bords lointains.

Je verrai, sous d’épais ombrages,

Tes pas devenir incertains.

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