LES CHAMPS
Air : Mes amour «toit peur lions.
Rose, partons ; voici l’aurore :
Quitte ces oreillers si doux,
Entends-tu la cloche sonore Marquer l'heure du rendez-vous?
Cherchons, loin du bruit de la ville,
Pour le bonheur un sur asile.
Viens aux champs couler d’heureux jours ; Les champs ont aussi leurs amours.
Viens aux champs fouler la verdure,
Donne le bras à ton amant ; Rapprochons-nous de la nature Pour nous aimer plus tendremeut.
Des oiseaux la troupe éveillée Nous appelle sous la feuillée.
Viens aux champs couler d’heureux jours; Les champs ont aussi leurs amours.
Nous prendrons les goûts du village ;
Le jour naissant t’éveillera :
Le jour mourant sous le feuillage A notre couche nous rendra.
Puisses-tu, maîtresse adorée,
Te plaindre encor de sa durée !
Viens aux champs couler d'heureux jours ; Les champs ont aussi leurs amours.
Quand l’été vers un sol fertile Conduit des moissonneurs nombreux ; Quand, près d’eux, la glaneuse agile Cherche l'épi du malheureux ;
Combien, sur les gerbes nouvelles,
De baisers pris aux pastourelles !
Viens aux champs couler d’heureux jours; Ixs champs ont aussi leurs amours.
Quand des corbeilles de l’automne S’épanche à flots un doux nectar,
Près de la cuve qui bouillonne On voit s'égayer le vieillard;
Et cet oracle du village Chante les amours d'un autre âge.
Viens aux champs couler d’heureux jours ; Les champs ont aussi leurs amours.
Allons visiter des rivages
Que tu croiras des bords lointains.
Je verrai, sous d’épais ombrages,
Tes pas devenir incertains.