‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 115 sur 323 · HO · texte numérisé non relu

HO

Laissez-moi dans mon petit coin.

Là, du pouvoir bravant les armes, Je pèse et nos fers et nos droits ; Sur les peuples versant des larmes, Je juge et condamne les rois ;

Je prophétise avec audace ;

L'avenir me sourit de loin.

Mes amis, laissez-moi, de grâce, Laissez-moi dans mon petit coin.

Là, j’ai la baguette des fées;

A faire le bien je me plais.

J’élève de nobles trophées ;

Je transporte au loin des palais.

Sur le trône ceux que je place, D’être aimés sentent le besoin.

Mes amis, laissez-moi, de grâce, Laissez -moi dans mon petit coin.

C’est là que mon âme a des ailes :

Je vole, et joyeux séraphin,

Je vois aux flammes étemelles Nos rois précipités sans fin.

Un seul échappe de leur race ;

De sa gloire je suis témoin.

Mes nmis, laissez-moi, de grâce, Laissez-moi dans mou petit coin.

Je forme ainsi pour ma patrie Des vmux que le ciel entend bien.

Respectez donc ma rêverie :

Votre monde ne me vaut rien.

De mes jours filés au Parnasse Daignent les Muses prendre soin !

Mes amis, laissez-moi, de grâce, Laissez-moi dans mon petit coin.

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