‹ Œuvres complètes de P.-J. de Béranger (volume 5)Chapitre 124 sur 323 · LA PETITE FÉE · texte numérisé non relu

LA PETITE FÉE

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Enfants, il était une fois Une fée appelée Urgande ;

Grande à peine de quatre doijits.

Mais de bonté vraiment bien grande.

De sa baguette un ou deux coups Donnaient félicité parfaite.

Ah ! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette !

Dans une conque de saphir,

De huit papillons attelée.

Elle passait comme un zéphyr,

Et la terre était consolée.

Les raisins mûrissaient plus doux ; Chaque moisson était complète.

Ah ! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette !

C’était la marraine d’un roi Dont elle créait les ministres ;

Braves gens, soumis à la loi,

Qui laissaient voir dans leurs registres. Du bercail ils chassaient les loups Sans abuser de la houlette.

Ah ! bouue fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette !

Les juges, sous ce roi puissant,

Etaient l'organe de la fée ;

Lt par eux jamais l'innocent Ne voyait sa plainte étouffée.

Jamais pour l'erreur à genoux La clémence n’était muette.

Ah ! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette !

Pour que sou filleul fût béni,

Elle avait touché sa couronne ;

Il voyait tout son peuple uni,

Prêt à mourir pour sa personne.

S'il venait des voisins jaloux,

On les forçait à la retraite.

Ah ! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette !

Dans un beau palais de cristal,

Hélas ! Urgaude est retirée.

En Amérique tout va mal;

Au plus fort l'Asie est livrée.

Nous éprouvons un sort plus doux ;

.Mais pourtant, si bien qu'on nous traite,

Ah ! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

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